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Le cinquième et dernier épisode de cette incroyable histoire...
Pendant quelques temps et malgré les questions que je ne cessais de lui poser dès qu'il m'était donné d'apparaître dans un miroir, mon reflet ne m'adressa plus la parole. Visiblement, il manigançait quelque chose, fréquentant des gens et des lieux que je n'avais jamais vus. Ce n'est que lorsqu'il me présenta, triomphant, un article du Figaro où ma photo figurait en première page que je compris de quoi il s'agissait. Mon reflet s'était lancé en politique!
- Alors, tu es fier de toi ? La presse fait de toi l'étoile montante de la politique hexagonale! On te compare à Sarkozy et Berlusconi réunis. Pas de doute à avoir : tu es promis à un grand avenir! Pourquoi pas président de la République en 2022 ? C'est tout de même un statut plus enviable que celui d'écrivains pour adolescents et midinettes, tu ne trouves pas ?
- Tu me dégoûtes! Utiliser ma personne pour faire carrière à l'UMP!
- Oh, j'aurais pu choisir le PS, si j'avais eu une chance de percer dans ce parti, mais ce parti est moribond, divisé... il n'a plus aucun avenir. Alors qu'à l'UMP, les gens sont disciplinés, habitués qu'ils sont à subir l'autorité d'un chef incontesté et lorsque Sarkozy sera grillé parce qu'il n'aura pas pu venir à bout de la crise, ils seront bien forcés de choisir un autre leader. C'est à ce moment-là que j'interviendrai. Pour l'instant, je me situe dans l'allégeance au Président, mais c'est pour mieux le trahir lorsque le moment sera venu...
- C'est un cauchemar, dites-moi que c'est un cauchemar...
- C'est ta faute, aussi, tu n'as pas voulu accepter le marché que je te proposais... Si tu veux revenir sur ta décision, ça tient toujours...
- Si j'accepte, tu me promets d'abandonner ta carrière politique ?
- C'est entendu.
J'acceptai donc le marché qu'il me proposait, la mort dans l'âme.
- Ah! Tu vois, tu as fini par admettre que ma proposition était ce qu'il y avait de plus avantageux pour nous deux. Nous allons commencer tout de suite par une petite mise en bouche, ou en mots. J'aimerais que tu m'écrives un texte pour ton blog.
- Pour mon blog ? Mais ça ne te rapportera rien!
- Financièrement, non, mais ça me permettrait de constater que ta capacité à séduire les lecteurs avec tes mots n'est pas émoussée. Et puis j'aimerais faire quelques expériences amusantes sur ton lectorat féminin, ou pourquoi pas masculin...
- Comment ? Il est hors de question que tu touches à une seule de mes lectrices ou à un seul de mes lecteurs!
- Comme tu voudras, de toute façon je pourrai me passer de ton aide. Tu m'excuseras, mais j'ai une brillante carrière d'homme politique qui m'attend...
Et il me fit à nouveau disparaître. Lorsque je pus à
nouveau réfléchir par l'intermédiaire d'un
miroir, je songeai que sa proposition, quoique scandaleuse,
présentait au moins un avantage. Une idée venait de
germer en mon cerveau. Connaissant la détermination de mon
reflet, je savais qu'il parviendrait à ses fins, avec ou sans
mon aide. Pour le contrer, il ne me restait plus qu'à révéler
la vérité par le biais de cette histoire qu'il me
demandait de raconter.C'est ce que je fais à présent.
Si vous êtes une de mes lectrices ou peut-être même un de mes lecteurs et qu'un individu prétendant être moi-même vous fait des avances, vous devez savoir qu'il ne s'agit pas de moi mais d'un être vil et méprisable qui a usurpé mon identité. Méfiez-vous en particulier si vous recevez ce message qu'il m'a demandé de composer à votre intention :
Salut, jeune homme/fille. Je n'avais pas encore eu l'occasion de te remercier pour le/s commentaire/s que tu as laissé/s sur mon blog. J'aurais dû le faire avant. D'autant plus que ta manière de voir est tout à fait pertinente. On sent que tu as une véritable sensibilité et je dois confesser que je suis flatté que tu t'intéresses à mes modestes productions. Flâner sur ton blog comme j'ai pu le faire ces derniers temps, par désoeuvrement d'abord puis par réel intérêt, m'a donné l'irrésistible envie de rencontrer son auteur. Evidemment, la proposition te paraîtra peut-être un peu audacieuse, mais le désir de faire la connaissance d'une personne aussi exceptionnelle me pousse à te demander si nous ne pouvons pas franchir le miroir qui nous sépare l'un de l'autre, cet écran d'ordinateur, frontière virtuelle entre nos deux réalités. Sur nos blogs respectifs, nous ne montrons de nous que ce que nous voulons que les autres sachent, mais il y a des choses que l'on ne peut pas transmettre par les mots. Une inflexion de la voix, une insistance du regard, autant de détails que l'on ne peut traduire à l'écrit et qui constituent pourtant parfois l'essentiel d'une conversation. Alors ? Qu'attends-tu pour franchir le miroir ?
La suite incroyable de cette histoire extraordinaire!
Dans les jours qui suivirent, mon reflet changea d'appartement,
j'appris que les studios Disney avaient racheté les droits des
Chroniques d'Ibiros. Désormais, l'être qui se
faisait passer pour moi avait abandonné son emploi de
professeur, il vivait à Paris dans un luxueux F3, il passait
ses soirées dans des cocktails mondains et ramenait
régulièrement de charmantes créatures chez lui.
Ne faisant plus de sport comme j'en avais l'habitude et consommant
davantage d'alcool et de mets raffinés qu'il n'aurait fallu,
il prenait insensiblement du poids.
Nous n'avions plus à rien à nous dire. Je me murais
dans mon silence, spectateur muet de sa vie de débauche,
tandis qu'il ne daignait même plus m'adresser la parole.
Pourtant, il avait encore besoin de moi. C'est ce qu'il me fit savoir
un soir qu'il était plus sobre que d'habitude.
- Concombre, tu sais que dans le fond je t'aime bien. J'ai vécu pendant plus de trente ans de l'autre côté du miroir. Je suis peut-être la personne qui te connaît le mieux.
- Qu'est-ce que tu sais de moi ? Qu'est-ce que tu as de commun avec moi ? Comment peux tu encore te regarder dans une glace avec la façon dont tu te comportes ?
- Tu veux dire : comment est-ce que je peux encore te regarder dans une glace. Mais peu importe ce que tu penses de moi, tout ce que je fais, je le fais un peu pour toi. Tu veux que je te dise pourquoi tu as raté deux fois le concours d'entrée à Normale Sup ? Pourquoi tu échoues chaque fois que tu passes l'agrégation ? Pourquoi ta vie sexuelle et sentimentale est un désastre quand elle n'est pas inexistante ? Pourquoi tu végètes en collège alors que tu pourrais enseigner à l'université ? Pourquoi ton talent littéraire ne te sert qu'à écrire de petites histoires stupides sous couvert d'anonymat sur un blog confidentiel ou à gagner d'improbables concours de poésie ou de nouvelles organisés par des comices agricoles ? Tu es pourtant un garçon plein de qualités : intelligent, cultivé, drôle, sensible. Mais avec tout cela, tu as un défaut absolument rédhibitoire qui fait que toutes ces qualités ne te servent à rien : tu es un loser, Concombre. Tu ne réussis jamais rien parce que tu pars battu d'avance. Ce qu'il te faut, c'est quelqu'un qui vive ta vie à ta place, un battant, quelqu'un qui sache ce qu'il veut, ou plutôt ce que veulent les autres, comme moi par exemple...
Devant mon silence obstiné, il poursuivit sa tirade.
- Ton problème, c'est que tu réfléchis trop. Pas étonnant que tu te sois retrouvé de l'autre côté du miroir! Ah! Ah! Ah! Alors que moi, je ne me pose pas de questions existentielles, ma nature de reflet me permet de me conformer à l'image que l'on a ou que l'on voudrait avoir de moi. Imagine ce que nous pourrions faire ensemble. Tu serais celui qui pense et je serais celui qui agit. Tu pourrais enfin te livrer complétement à l'observation et à la réflexion, sans avoir à te soucier de faire bonne figure en société, de gagner ta vie ou d'accomplir d'autres activités sociales qui sont pour toi des fardeaux. Je te fournirai les livres dont tu as besoin pour alimenter ton activité cérébrale, en échange tu écriras des histoires qui alimenteront notre compte en banque. Et je t'offrirai un accés à tous les milieux sociaux que tu pourras observer et disséquer à loisir sans avoir à t'impliquer personnellement. C'est ce que tu as toujours voulu, non ? Te contenter d'une activité purement passive d'observateur.
- Mais tu ne comprends pas. Ce que tu as fait de moi me dégoûte! Je refuse de m'associer avec le monstre que tu es.
- Allons donc. Ton corps et ton nom sont des marques déposées dont j'ai racheté les droits, je les gère comme je le veux. Mais si tu refuses mon offre tu n'auras qu'une existence végétative, semblable à celle du légume que tu as toujours été. Si tu l'acceptes, tu pourras exister à travers ton oeuvre et toucher des milliers de lecteurs. C'est ce que tu as toujours voulu, non ? Te consacrer entièrement aux activités de l'esprit, débarrassé de la pesanteur matérielle de ton corps et de ses besoins impérieux ?
Je refusai encore une fois.
- Très bien, dans ce cas, tu dois t'attendre au pire...
(A suivre...)
Voilà la suite de cette formidable histoire que j'est inventé! Si tu na pas lu le début précipite toi deçus!
Dans les jours qui suivirent cette conversation, je vis mon reflet en la charmante compagnie de Marie-Hélène, ma collègue de SVT dans une position qui ne souffrait aucune équivoque. Cette scène provoqua en moi une colère dont je fis part à mon reflet peu de temps après.
- Tu n'as pas le droit de faire cela avec Marie-Hélène, elle est mariée, elle a un enfant!
- Et alors ? Tu crois que je l'ai violée ? Visiblement son mari ne doit pas la satisfaire, si tu avais entendu comme elle criait quand nous avons fait l'amour. Mais suis-je bête, tu as forcément entendu puisque tu étais là!
Mon reflet n'en resta pas là. Non content d'afficher avec cynisme ses nombreuses conquêtes dans l'angle de tous les miroirs possibles afin que je ne puisse les ignorer, il me lançait des clins d'oeil lubriques que j'étais bien malgré moi contraint de lui renvoyer. La mesure fut pleine lorsque je l'aperçus dans les toilettes de mon collège avec une de mes élèves de troisième dans une position scabreuse. C'en était vraiment trop et je le lui fis savoir.
- Allons, pas la peine de t'énerver. Ne t'inquiète pas, elle ne dira rien, ta carrière n'est pas menacée et de toute façon elle n'était même plus vierge...
J'aurais pu penser que mon reflet se contenterait de ces activités lubriques, mais il avait d'autres ambitions. Je le vis revenir un soir avec un livre dont il me fallut quelques temps pour déchiffrer le titre, peu habitué que j'étais à l'écriture inversée. Lorsque j'y parvins, je ne pus m'empêcher de sursauter.
- Les Chroniques d'Ibiros ? Mais c'est le titre du roman d'heroic-fantasy que j'avais écrit lorsque j'étais en seconde! Qu'est-ce que cela veut dire ?
- J'ai retrouvé le manuscrit dans un de tes placards. Et tu sais quoi ? Il paraît que tu as du talent. C'est mieux que du Pierre Grimbert, c'est en tout cas ce que m'a dit l'éditeur chez qui je vais te publier. C'est dommage que tu ne l'aies pas fait quand tu étais au lycée, ça aurait fait un sacré coup marketing! Un lycéen français de seize ans rivalise avec les grands maîtres anglo-saxons! Enfin bon, tout n'est pas perdu. À ce propos, il faudrait que tu songes à écrire la suite, mon éditeur voudrait la publier avant l'année prochaine.
- Mais ce n'est pas possible d'écrire une suite! À la fin du récit le monde implosait.
- Ah ? Je ne savais pas, je ne l'ai pas lu en entier. Une suite ou un épisode précédent peu importe. Tu pourrais raconter comment la mère et le père de l'enfant de lumière se sont rencontrés par exemple. C'est une suggestion que m'a faite l'éditeur.
- De toute façon, je n'écrirai jamais pour que tu puisses t'enrichir et te pavaner.
- Comme tu voudras, répondit mon reflet en haussant les épaules. J'ai d'autres ressources.
Quelques semaines plus tard, il revenait avec un nouveau livre qu'il me présenta fièrement.
- Je ne t'oublierai jamais , c'est quoi cette connerie ?
- Cette connerie, comme tu dis c'est ton nouveau roman. C'est mieux que Marc Lévy et Guillaume Musso réunis, du moins à ce que m'a dit mon éditeur. Regarde la quatrième de couverture.
En déchiffrant péniblement le résumé du début de l'intrigue, je reconnus le roman sentimentalo-onirique que j'avais écrit en terminale.
- Quoi ? Tu as réussi à faire publier ce roman niaiseux ?
- Ce roman niaiseux va me rapporter un paquet de fric et des admiratrices par milliers et c'est tout ce qui m'intéresse. D'ailleurs, pour te dire la vérité, je ne l'ai pas lu en entier. Enfin, ça me changera, je commençais à en avoir marre des adolescents boutonneux qui me demandaient des autographes.
Rien que pour toi, la suite de cet histoire extraordinaire. Si tu na pas lu le début, il faut lire la première partie, tu verrat ses génial!
Je commençai à être plutôt inquiet. Cette
personne qui s'adressait à moi avait visiblement le contrôle
total de la situation. Incapable de prononcer le moindre mot, je
tentai tout de même d'entrer en communication avec mon
mystérieux interlocuteur. Je me mis à penser très
fort à une phrase en espérant qu'il l'entendrait :
« Qui êtes-vous à la fin ?
- Qui je suis ? Je suis ton reflet... ou plutôt... tu es le mien. Alors cela fait quel effet d'être de l'autre côté du miroir ?
- Mon reflet ? Qu'est-ce que cela veut dire ?
- J'ai été ton reflet pendant des années, j'ai été le témoin de bien des épisodes de ta lamentable existence. Je ne pouvais rien dire, rien faire et je devais me contenter d'assister impuissant à tous tes ratages. Mais la situation a changé. Maintenant, c'est moi qui dirige les opérations. Tu es devenu mon reflet. Tu vas voir comment je gère une existence telle que la tienne.
Je dus me rendre à l'évidence, mon interlocuteur n'était autre que cet individu que je voyais dans la glace et que j'avais pris naïvement pour moi-même. Je compris également pourquoi je n'avais le sentiment d'exister que lorsque je voyais mon reflet dans un miroir : tout simplement parce que j'étais devenu moi-même le reflet.
Mon reflet m'adressa un large sourire carnassier puis il disparut de
mon champ de vision, me renvoyant encore une fois au néant.
Je le revis par intermittence, dans ma salle de bain, dans les
toilettes du collège où je travaillais, dans la rue,
dans ma voiture. Visiblement, mon reflet avait pris son rôle à
coeur et assurait sa nouvelle fonction de professeur avec sérieux.
Il n'en avait pas moins d'étranges lubies, comme celle
d'installer un miroir au plafond de ma chambre. Cet instrument d'un
goût douteux me permit de constater que la disposition
spartiate de l'endroit où je dormais avait cédé
la place à un arrangement somptueux où dominaient la
pourpre et l'or. « Rome remplaçait Sparte »
songeai-je à part moi, ne pouvant me débarrasser de
cette fâcheuse manie de glisser des citations littéraires
dans les situations les plus triviales. Dans les temps qui suivirent,
d'autres miroirs apparurent dans les autres pièces. Mon reflet
tenait visiblement à ce que je puisse le voir à toutes
heures du jour et de la nuit.
Un soir, mon reflet entra, accompagné d'Estelle, la documentaliste de mon collège pour laquelle j'avais toujours eu un faible. Je vis le dîner aux chandelles, la bouteille d'un grand cru qui fut vidée dans la soirée, les tentatives expertes de rapprochement de la part de mon reflet auxquelles Estelle se prêta avec une complaisance qui me laissa stupéfait, et pour finir, l'étreinte finale sur le lit somptueux couvert de pourpre.
Le lendemain, dans le miroir de la salle de bain, mon reflet me regardait avec un air narquois.
- Alors ? Qu'est-ce que tu en dis ? Ça t'en bouche un coin, non ? C'est autre chose que tes lamentables tentatives d'approche. Il ne m'a pas fallu une semaine pour la mettre dans mon lit, la poulette.
- Tu n'as pas le droit de dire ça, avec Estelle nous avions une relation privilégiée.
- Tu veux dire que vous n'aviez pas de relation du tout. C'est vrai que parler, comme tu l'as fait la dernière fois que tu l'as invitée, de la philosophie de Bergson, c'était super glamour. Mais tu aurais pu choisir un sujet encore plus romantique, tel que l'usage du tiret dans l'oeuvre de Julien Gracq ou la syntaxe des phrases de Marcel Proust.
- Tu peux te moquer, n'empêche qu'Estelle est une fille sensible et intelligente et qu'elle se rendra vite compte que tu n'es pas moi.
- Tu parles, c'est une petite dinde. Elle attendait juste que tu la sautes et c'est moi qui l'ai fait. Dommage pour toi, tu aurais dû en profiter, c'est plutôt un bon coup. D'autant plus que je l'ai séduite avec ce poème.
Il me mit devant les yeux un poème que malgré l'inversion due à l'effet miroir je reconnus comme étant un de ceux que j'écrivais en classe de première.
- Mais c'est un des poèmes que j'avais écrit pour Natasha! Tu n'as pas le droit de t'en servir de cette façon.
- Bah, il fallait bien qu'il serve à quelque chose et ce n'est pas l'effet qu'il a eu sur Natasha qui t'a payé de la peine que tu as pris à l'écrire. Quelle idée aussi de tomber amoureux d'une lesbienne alors que tu aurais pu sortir avec n'importe laquelle de ces filles de seconde qui te faisaient les yeux doux! Mon pauvre Concombre, je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi niais que toi! De toute façon ce poème était juste un appât, si tu t'imagines que je vais rester avec une vulgaire documentaliste tu te goures.
- Mais tu n'as pas le droit de traiter les gens de cette façon!
- C'est ce qu'on va voir.
(A suivre...)
Et! Salut toi! Tu as beau te cachée derrière ton écran d'ordinateur, je vois bien a quel point tu es belle! Je ne t'avais jamais montrer de photo de moi, je veux dire tel que je suis vraiment ? En fait je suis un trop beau mec. Alors si tu veux qu'on se voient en vrai n'hésites pas à me laisser un message en pv. Sinon, je vais te racontée une histoire que j'ai inventé spécialement pour toi. J'espère qu'elle te plairas.
Tout commença, il y a quelques temps de cela, un jour où
glissant une fois de trop sur mes cheveux en sortant de la douche, je
décidai qu'il était grand temps d'aller les faire
couper. Ayant pris rendez-vous chez ma coiffeuse habituelle,
j'arrivai le jour dit à l'heure dite pour constater que trois
ou quatre clientes me précédaient. Ma coiffeuse
m'invita à m'asseoir en attendant qu'elle ait terminé
avec ces dames, ce que je fis. Une fois assis, plutôt que de me
plonger dans la lecture d'un des magazines féminins qui
trainaient çà et là, je contemplai mon visage
dans les multiples miroirs qui tapissaient les murs du salon de
coiffure. Après m'être amusé à me faire
des grimaces, profitant de moments où ma coiffeuse me tournait
le dos, je décidai de regarder par miroir interposé ce
qui se passait dans la rue. Ce que je vis me laissa perplexe. Sur le
trottoir d'en face, un homme marchait. Il passa derrière un
poteau et je le vis très clairement disparaître
derrière. Je tournai sur mon siège et regardai la rue.
L'homme était dans la rue, de l'autre côté du
poteau, il s'était arrêté, l'air étonné.
Je fis pivoter mon siège dans l'autre sens et regardai dans le
miroir la scène que je venais de voir. L'homme avait à
nouveau disparu! Je me retournai, il était dans la rue et il
s'était remis à marcher.
Il me fallait en avoir le coeur net. Je me levai, je sortis après
murmuré un vague « excusez-moi, je reviens tout de
suite. » et je traversai la rue. L'espace compris entre le
poteau et le mur était juste suffisant pour laisser passer un
homme. J'avançai prudemment, tendant la main de façon à
la faire passer derrière le poteau. Elle disparut complètement
de mon champ de vision et je ne ressentis plus rien au bout de mon
bras. Je décidai d'essayer de percer ce mystère et fis
un pas en avant, puis un deuxième ; j'eus soudain la sensation
étrange de disparaître.
Lorsque je me retrouvai moi-même, j'étais dans le salon de coiffure, face à ma coiffeuse, j'agitai les lèvres sans qu'aucun son n'en sorte. Pourtant, la coiffeuse sembla me comprendre et elle acquiesça à ce que je ne lui avais pas dit. Puis elle m'invita à m'asseoir. Vingt minutes plus tard, je sortais du salon de coiffure avec une coupe que je n'avais pas demandé et qui me donnait l'allure d'un mannequin de magazine. À peine fis-je quelques pas dans la rue que je me sentis à nouveau disparaître.
Il me semblait réapparaître, comme dans un rêve,
par flashs, je me voyais marcher dans la rue quelques secondes, et
puis plus rien. Lorsque je repris consistance, j'étais dans
une cabine d'essayage, face à un miroir où je me vis
enfiler des vêtements de marque. Puis je me sentis à
nouveau disparaître.
Combien de temps s'écoula-t-il entre cette nouvelle disparition et le moment où je repris consistance ? Je l'ignore. Je sais simplement que je me retrouvai dans ma salle de bain, face à mon miroir. J'étais habillé avec une élégance que je ne me connaissais pas et je me souriais dans le miroir avec un air d'arrogante satisfaction.
« Alors, tu te trouves comment ? C'est tout de même
mieux comme ça, non ? »
La voix avait résonné clairement dans la pièce à moins que ce ne fût dans mon esprit. Quelqu'un venait de me parler et pourtant dans la pièce il n'y avait que moi. C'est du moins ce qu'il me sembla sans que je puisse m'en assurer, car pour une raison incompréhensible, il se trouve que ma tête refusait obstinément de bouger.
« Ce n'est pas la peine d'insister, à présent c'est moi qui commande. Tu ne bougeras que lorsque je l'aurai décidé. »
(A suivre...)