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Voilà la suite de cette formidable histoire que j'est inventé! Si tu na pas lu le début précipite toi deçus!
Dans les jours qui suivirent cette conversation, je vis mon reflet en la charmante compagnie de Marie-Hélène, ma collègue de SVT dans une position qui ne souffrait aucune équivoque. Cette scène provoqua en moi une colère dont je fis part à mon reflet peu de temps après.
- Tu n'as pas le droit de faire cela avec Marie-Hélène, elle est mariée, elle a un enfant!
- Et alors ? Tu crois que je l'ai violée ? Visiblement son mari ne doit pas la satisfaire, si tu avais entendu comme elle criait quand nous avons fait l'amour. Mais suis-je bête, tu as forcément entendu puisque tu étais là!
Mon reflet n'en resta pas là. Non content d'afficher avec cynisme ses nombreuses conquêtes dans l'angle de tous les miroirs possibles afin que je ne puisse les ignorer, il me lançait des clins d'oeil lubriques que j'étais bien malgré moi contraint de lui renvoyer. La mesure fut pleine lorsque je l'aperçus dans les toilettes de mon collège avec une de mes élèves de troisième dans une position scabreuse. C'en était vraiment trop et je le lui fis savoir.
- Allons, pas la peine de t'énerver. Ne t'inquiète pas, elle ne dira rien, ta carrière n'est pas menacée et de toute façon elle n'était même plus vierge...
J'aurais pu penser que mon reflet se contenterait de ces activités lubriques, mais il avait d'autres ambitions. Je le vis revenir un soir avec un livre dont il me fallut quelques temps pour déchiffrer le titre, peu habitué que j'étais à l'écriture inversée. Lorsque j'y parvins, je ne pus m'empêcher de sursauter.
- Les Chroniques d'Ibiros ? Mais c'est le titre du roman d'heroic-fantasy que j'avais écrit lorsque j'étais en seconde! Qu'est-ce que cela veut dire ?
- J'ai retrouvé le manuscrit dans un de tes placards. Et tu sais quoi ? Il paraît que tu as du talent. C'est mieux que du Pierre Grimbert, c'est en tout cas ce que m'a dit l'éditeur chez qui je vais te publier. C'est dommage que tu ne l'aies pas fait quand tu étais au lycée, ça aurait fait un sacré coup marketing! Un lycéen français de seize ans rivalise avec les grands maîtres anglo-saxons! Enfin bon, tout n'est pas perdu. À ce propos, il faudrait que tu songes à écrire la suite, mon éditeur voudrait la publier avant l'année prochaine.
- Mais ce n'est pas possible d'écrire une suite! À la fin du récit le monde implosait.
- Ah ? Je ne savais pas, je ne l'ai pas lu en entier. Une suite ou un épisode précédent peu importe. Tu pourrais raconter comment la mère et le père de l'enfant de lumière se sont rencontrés par exemple. C'est une suggestion que m'a faite l'éditeur.
- De toute façon, je n'écrirai jamais pour que tu puisses t'enrichir et te pavaner.
- Comme tu voudras, répondit mon reflet en haussant les épaules. J'ai d'autres ressources.
Quelques semaines plus tard, il revenait avec un nouveau livre qu'il me présenta fièrement.
- Je ne t'oublierai jamais , c'est quoi cette connerie ?
- Cette connerie, comme tu dis c'est ton nouveau roman. C'est mieux que Marc Lévy et Guillaume Musso réunis, du moins à ce que m'a dit mon éditeur. Regarde la quatrième de couverture.
En déchiffrant péniblement le résumé du début de l'intrigue, je reconnus le roman sentimentalo-onirique que j'avais écrit en terminale.
- Quoi ? Tu as réussi à faire publier ce roman niaiseux ?
- Ce roman niaiseux va me rapporter un paquet de fric et des admiratrices par milliers et c'est tout ce qui m'intéresse. D'ailleurs, pour te dire la vérité, je ne l'ai pas lu en entier. Enfin, ça me changera, je commençais à en avoir marre des adolescents boutonneux qui me demandaient des autographes.
Rien que pour toi, la suite de cet histoire extraordinaire. Si tu na pas lu le début, il faut lire la première partie, tu verrat ses génial!
Je commençai à être plutôt inquiet. Cette
personne qui s'adressait à moi avait visiblement le contrôle
total de la situation. Incapable de prononcer le moindre mot, je
tentai tout de même d'entrer en communication avec mon
mystérieux interlocuteur. Je me mis à penser très
fort à une phrase en espérant qu'il l'entendrait :
« Qui êtes-vous à la fin ?
- Qui je suis ? Je suis ton reflet... ou plutôt... tu es le mien. Alors cela fait quel effet d'être de l'autre côté du miroir ?
- Mon reflet ? Qu'est-ce que cela veut dire ?
- J'ai été ton reflet pendant des années, j'ai été le témoin de bien des épisodes de ta lamentable existence. Je ne pouvais rien dire, rien faire et je devais me contenter d'assister impuissant à tous tes ratages. Mais la situation a changé. Maintenant, c'est moi qui dirige les opérations. Tu es devenu mon reflet. Tu vas voir comment je gère une existence telle que la tienne.
Je dus me rendre à l'évidence, mon interlocuteur n'était autre que cet individu que je voyais dans la glace et que j'avais pris naïvement pour moi-même. Je compris également pourquoi je n'avais le sentiment d'exister que lorsque je voyais mon reflet dans un miroir : tout simplement parce que j'étais devenu moi-même le reflet.
Mon reflet m'adressa un large sourire carnassier puis il disparut de
mon champ de vision, me renvoyant encore une fois au néant.
Je le revis par intermittence, dans ma salle de bain, dans les
toilettes du collège où je travaillais, dans la rue,
dans ma voiture. Visiblement, mon reflet avait pris son rôle à
coeur et assurait sa nouvelle fonction de professeur avec sérieux.
Il n'en avait pas moins d'étranges lubies, comme celle
d'installer un miroir au plafond de ma chambre. Cet instrument d'un
goût douteux me permit de constater que la disposition
spartiate de l'endroit où je dormais avait cédé
la place à un arrangement somptueux où dominaient la
pourpre et l'or. « Rome remplaçait Sparte »
songeai-je à part moi, ne pouvant me débarrasser de
cette fâcheuse manie de glisser des citations littéraires
dans les situations les plus triviales. Dans les temps qui suivirent,
d'autres miroirs apparurent dans les autres pièces. Mon reflet
tenait visiblement à ce que je puisse le voir à toutes
heures du jour et de la nuit.
Un soir, mon reflet entra, accompagné d'Estelle, la documentaliste de mon collège pour laquelle j'avais toujours eu un faible. Je vis le dîner aux chandelles, la bouteille d'un grand cru qui fut vidée dans la soirée, les tentatives expertes de rapprochement de la part de mon reflet auxquelles Estelle se prêta avec une complaisance qui me laissa stupéfait, et pour finir, l'étreinte finale sur le lit somptueux couvert de pourpre.
Le lendemain, dans le miroir de la salle de bain, mon reflet me regardait avec un air narquois.
- Alors ? Qu'est-ce que tu en dis ? Ça t'en bouche un coin, non ? C'est autre chose que tes lamentables tentatives d'approche. Il ne m'a pas fallu une semaine pour la mettre dans mon lit, la poulette.
- Tu n'as pas le droit de dire ça, avec Estelle nous avions une relation privilégiée.
- Tu veux dire que vous n'aviez pas de relation du tout. C'est vrai que parler, comme tu l'as fait la dernière fois que tu l'as invitée, de la philosophie de Bergson, c'était super glamour. Mais tu aurais pu choisir un sujet encore plus romantique, tel que l'usage du tiret dans l'oeuvre de Julien Gracq ou la syntaxe des phrases de Marcel Proust.
- Tu peux te moquer, n'empêche qu'Estelle est une fille sensible et intelligente et qu'elle se rendra vite compte que tu n'es pas moi.
- Tu parles, c'est une petite dinde. Elle attendait juste que tu la sautes et c'est moi qui l'ai fait. Dommage pour toi, tu aurais dû en profiter, c'est plutôt un bon coup. D'autant plus que je l'ai séduite avec ce poème.
Il me mit devant les yeux un poème que malgré l'inversion due à l'effet miroir je reconnus comme étant un de ceux que j'écrivais en classe de première.
- Mais c'est un des poèmes que j'avais écrit pour Natasha! Tu n'as pas le droit de t'en servir de cette façon.
- Bah, il fallait bien qu'il serve à quelque chose et ce n'est pas l'effet qu'il a eu sur Natasha qui t'a payé de la peine que tu as pris à l'écrire. Quelle idée aussi de tomber amoureux d'une lesbienne alors que tu aurais pu sortir avec n'importe laquelle de ces filles de seconde qui te faisaient les yeux doux! Mon pauvre Concombre, je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi niais que toi! De toute façon ce poème était juste un appât, si tu t'imagines que je vais rester avec une vulgaire documentaliste tu te goures.
- Mais tu n'as pas le droit de traiter les gens de cette façon!
- C'est ce qu'on va voir.
(A suivre...)
Et! Salut toi! Tu as beau te cachée derrière ton écran d'ordinateur, je vois bien a quel point tu es belle! Je ne t'avais jamais montrer de photo de moi, je veux dire tel que je suis vraiment ? En fait je suis un trop beau mec. Alors si tu veux qu'on se voient en vrai n'hésites pas à me laisser un message en pv. Sinon, je vais te racontée une histoire que j'ai inventé spécialement pour toi. J'espère qu'elle te plairas.
Tout commença, il y a quelques temps de cela, un jour où
glissant une fois de trop sur mes cheveux en sortant de la douche, je
décidai qu'il était grand temps d'aller les faire
couper. Ayant pris rendez-vous chez ma coiffeuse habituelle,
j'arrivai le jour dit à l'heure dite pour constater que trois
ou quatre clientes me précédaient. Ma coiffeuse
m'invita à m'asseoir en attendant qu'elle ait terminé
avec ces dames, ce que je fis. Une fois assis, plutôt que de me
plonger dans la lecture d'un des magazines féminins qui
trainaient çà et là, je contemplai mon visage
dans les multiples miroirs qui tapissaient les murs du salon de
coiffure. Après m'être amusé à me faire
des grimaces, profitant de moments où ma coiffeuse me tournait
le dos, je décidai de regarder par miroir interposé ce
qui se passait dans la rue. Ce que je vis me laissa perplexe. Sur le
trottoir d'en face, un homme marchait. Il passa derrière un
poteau et je le vis très clairement disparaître
derrière. Je tournai sur mon siège et regardai la rue.
L'homme était dans la rue, de l'autre côté du
poteau, il s'était arrêté, l'air étonné.
Je fis pivoter mon siège dans l'autre sens et regardai dans le
miroir la scène que je venais de voir. L'homme avait à
nouveau disparu! Je me retournai, il était dans la rue et il
s'était remis à marcher.
Il me fallait en avoir le coeur net. Je me levai, je sortis après
murmuré un vague « excusez-moi, je reviens tout de
suite. » et je traversai la rue. L'espace compris entre le
poteau et le mur était juste suffisant pour laisser passer un
homme. J'avançai prudemment, tendant la main de façon à
la faire passer derrière le poteau. Elle disparut complètement
de mon champ de vision et je ne ressentis plus rien au bout de mon
bras. Je décidai d'essayer de percer ce mystère et fis
un pas en avant, puis un deuxième ; j'eus soudain la sensation
étrange de disparaître.
Lorsque je me retrouvai moi-même, j'étais dans le salon de coiffure, face à ma coiffeuse, j'agitai les lèvres sans qu'aucun son n'en sorte. Pourtant, la coiffeuse sembla me comprendre et elle acquiesça à ce que je ne lui avais pas dit. Puis elle m'invita à m'asseoir. Vingt minutes plus tard, je sortais du salon de coiffure avec une coupe que je n'avais pas demandé et qui me donnait l'allure d'un mannequin de magazine. À peine fis-je quelques pas dans la rue que je me sentis à nouveau disparaître.
Il me semblait réapparaître, comme dans un rêve,
par flashs, je me voyais marcher dans la rue quelques secondes, et
puis plus rien. Lorsque je repris consistance, j'étais dans
une cabine d'essayage, face à un miroir où je me vis
enfiler des vêtements de marque. Puis je me sentis à
nouveau disparaître.
Combien de temps s'écoula-t-il entre cette nouvelle disparition et le moment où je repris consistance ? Je l'ignore. Je sais simplement que je me retrouvai dans ma salle de bain, face à mon miroir. J'étais habillé avec une élégance que je ne me connaissais pas et je me souriais dans le miroir avec un air d'arrogante satisfaction.
« Alors, tu te trouves comment ? C'est tout de même
mieux comme ça, non ? »
La voix avait résonné clairement dans la pièce à moins que ce ne fût dans mon esprit. Quelqu'un venait de me parler et pourtant dans la pièce il n'y avait que moi. C'est du moins ce qu'il me sembla sans que je puisse m'en assurer, car pour une raison incompréhensible, il se trouve que ma tête refusait obstinément de bouger.
« Ce n'est pas la peine d'insister, à présent c'est moi qui commande. Tu ne bougeras que lorsque je l'aurai décidé. »
(A suivre...)
J'ai 28 ans. J'ai
une femme à qui j'ai fait deux enfants, j'ai par ailleurs trois enfants de
trois concubines différentes à qui je verse
régulièrement une pension alimentaire. Je possède
un yacht, un manoir de caractère dans le Languedoc et un hôtel
sur la côte d'azur. On peut dire que je me suis fait tout seul,
mes parents étaient ouvriers près du Petit-Quevilly en
Normandie et ils ont passé leur vie à trimer pour
gagner des misères. Je leur ai acheté une petite maison
qu'ils n'auraient jamais pu s'offrir avec leur maigre pension
alimentaire. Ils sont fiers de ce que je suis devenu et ne cessent de
se plaindre de mon fainéant de frère qui, depuis qu'il
a repris un magasin de fleurs, végète comme un bégonia
malade. On se demandera sans doute quel métier j'exerce pour
afficher ainsi une telle réussite.
C'est bien simple,
je suis professeur, en collège la plupart du temps, plus
rarement en lycée. Je tiens à préciser que ma
loyauté au système est sans faille. Je n'exerce mes
fonctions que dans le cadre de l'Education Nationale, contrairement à
certains de mes collègues qui utilisent leurs compétences
pour le profit d'officines privées qui abusent scandaleusement
de la crédulité de parents en mal de réussite
scolaire pour leur progéniture. Je n'ai jamais fait d'à
côtés, il m'arrive certes comme presque tous les
professeurs de faire des heures supplémentaires, mais ce n'est
jamais plus de deux ou trois par semaine et exclusivement lorsqu'un
chef d'établissement me le demande. Je répugne
également à utiliser les méthodes vantées
par le Concombre sur son site Vivre me fait rire et dont j'estime
qu'elles sont à la limite de la légalité.
Mon secret ? Je
suis TZR. Je ne rentrerai pas dans une longue explication sur ce
qu'est un TZR au sein de l'Education Nationale, mon récit
parlera pour moi (par ailleurs, le Concombre dont le blog constitue
une référence en la matière explique de quoi il
retourne ici). Disons pour faire court qu'il s'agit d'un professeur
pourvu d'un poste qui l'amène à effectuer des
remplacements de courtes, moyennes ou longues durées.
Lorsqu'il y a de cela cinq ans, j'ai été affecté,
selon les hasards d'une procédure qui tient davantage de la
loterie que du bon sens, dans l'académie d'Aix-Marseille, j'ai
d'abord songé à abandonner le métier de
professeur pour ouvrir un kébab. Ma famille était
normande, ma femme était normande, tous mes amis étaient
normands et je n'avais jamais de ma vie mis les pieds à
Marseille. Inversement, certains de mes collègues marseillais
avaient été mutés à Rouen sans jamais
l'avoir demandé. C'est donc, résigné, parce
qu'il fallait bien nourrir le premier enfant que ma femme venait de
mettre au monde que je me suis préparé à
déménager. C'est au moment de louer un appartement sur
place que j'ai appris qu'en plus d'avoir été muté
à l'autre bout de la France j'étais affecté sur
un poste de TZR.
Les TZR, ce sont un
peu les pompiers de l'Education Nationale, ceux qui interviennent à
deux semaines du brevet des collèges ou du baccalauréat
pour remplacer un professeur qui ne l'a pas été
(remplacé) depuis trois mois parce qu'il (elle) est tombé(e)
d'une échelle/ enceinte/ malade/ sur un élève
psychopathe qui lui a tailladé le ventre à coups de
cutter. Les TZR ont un établissement de rattachement qui
constitue leur adresse administrative et où ils ne mettent les
pieds qu'à la réunion de pré-rentrée et
lorsqu'ils n'ont pas de remplacement à effectuer. Le reste du
temps, ils effectuent des remplacements sur leur zone de remplacement
- dont l'extension varie selon les académies et les matières
et qui peut parfois s'étendre aux dimensions d'un département
entier - ou sur une zone de remplacement limitrophe. Mon
établissement de rattachement se trouvait quelque part dans la
campagne provençale, dans un lieu dont j'ai oublié
depuis la localisation précise. Lorsqu'il n'a pas de
remplacement, le professeur TZR attend chez lui ou dans son
établissement de rattachement le coup de téléphone
du rectorat qui doit décider de son affectation.
Pour ma part, je
n'eus pas à attendre longtemps : le jour même de la
rentrée, on me proposait un remplacement dans un collège
de Strasbourg. Jeune professeur débutant, et bien que
Strasbourg n'entrât pas dans ma zone de remplacement,
j'acceptai le poste. Les syndicats me traitèrent de fou, me
disant qu'en acceptant un remplacement à une telle distance de
mon établissement de rattachement, je créai un
précédent inédit. Pourtant, ce remplacement
allait se révéler beaucoup plus profitable que je
n'aurais pu l'espérer. Ce qu'il faut savoir, c'est que le TZR
touche une indemnité pour ses remplacements, calculée
selon la distance kilomètrique qui sépare son
établissement de rattachement de l'établissement où
il exerce en tant que remplaçant. Je restai un mois à
Strasbourg, ce n'est que trois mois plus tard que je touchai les
indemnités qui m'étaient dues et je constatai avec
surprise qu'elles s'élevaient à une somme qui
équivalait à plus de trois fois mon salaire de base. Le
mois suivant, ayant constaté que j'acceptais n'importe quel
poste, on m'envoya à Lille, puis le mois suivant ce fut à
Amiens et à Quimper.
Lorsque j'avais été
envoyé à Strasbourg j'avais dû puiser sur mon
compte en banque pour me payer l'hébergement, mais lorsque je
commençais à toucher les ISSR, je pus mettre un sacré
paquet d'argent de côté. Aussi n'hésitai-je pas
une seconde lorsque l'on me proposa un remplacement de six mois à
Nouméa. Le prix du billet qui s'élevait à 2000
euros me sembla une bagatelle. Ce remplacement fut le véritable
jackpot. Chaque journée de remplacement effectuée me
rapportait plus de quatre fois mon salaire de base. À la fin
du mois les sommes perçues, si elles n'étaient pas de
loin aussi importantes que le salaire d'un patron du CAC40, étaient
néanmoins largement supérieures au salaire d'un premier
ministre ou d'un président de la République, même
après une augmentation de 140%. C'est là aussi que je
fis la rencontre d'une charmante jeune fille que je n'eus aucun mal à
éblouir par mon somptueux train de vie et à qui je fis
un enfant un soir où j'avais bu un peu trop de liqueur de
niaouli. L'année suivante, il y eut la Réunion, la
Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Wallis et Futuna, Saint Pierre
et Miquelon, Tahiti, la Terre Adélie. Chaque fois qu'il y
avait un remplacement à faire à l'autre bout du monde,
c'est moi qu'on envoyait, sachant que je ne refusais jamais un poste
où qu'il se trouve. Je ne voyais que très peu ma
famille, mais c'était le prix à payer. Je me consolais
comme je pouvais avec une charmante réunionnaise, puis une
guadeloupéenne qui eurent toutes deux un enfant de moi.
Voilà
comment, moi, simple professeur certifié du secondaire j'ai pu
faire fortune en l'espace de quelques années.
Je me suis évidemment demandé ce qui poussait l'Education Nationale à dépenser autant d'argent pour m'envoyer à l'autre bout du monde plutôt que de procéder à un recrutement local. Lorsque j'ai posé la question au ministère, on m'a répondu sèchement qu'on n'allait pas employer un vacataire payé avec l'argent du contribuable alors que l'on disposait de titulaires tel que moi qui n'avaient pas d'affectation. C'était une question de bon sens, de bonne gestion du personnel et d'économies!
Dans ma famille, on
n'aime pas trop les étrangers. Alors quand mon père est
mort, ma mère aurait pu se marier avec un autre gars, un gars
du village. Le problème, c'est que des gars au village, il n'y
en a plus depuis 1970, depuis que la dernière communauté
de hippies a foutu le camp, parce que la terre était trop
aride et qu'il fallait se lever trop tôt pour arroser les
plants de tomates. Ça ne faisait pas l'affaire de ma mère,
vu qu'elle était encore jeune et que ça la démangeait
encore pas mal au niveau du bas ventre, et puis, n'ayant eu qu'un
fils, elle ne se voyait pas interrompre là la nombreuse
postérité qu'elle s'était promise de laisser au
monde. Evidemment, elle aurait pu descendre à la ville se
chercher un homme, mais ça aurait été un
étranger et qu'est-ce que vous voulez, dans la famille on
n'aime pas les étrangers. Du coup elle s'est tournée
vers le seul mâle du village susceptible de la satisfaire si
l'on excepte l'âne Cadichon, et le verrat Grocochon. Or il se
trouve que ce mâle, c'était moi.
Nous avons vécu
ainsi paisiblement pendant plusieurs années. Ma mère
mit au monde une charmante petite fille que nous avons appelée
Anne-Marie comme sa mère. Anne-Marie fut choyée par
toute la famille. Sa mère Anne-Marie n'avait d'yeux que pour
elle, quant à sa grand-mère Anne-Marie, ma mère,
elle en était folle. Son père s'en occupait à
merveille, et elle était l'objet de toutes les attentions de
moi, son grand-frère. Anne-Marie aurait voulu d'autres enfants
qu'Anne-Marie. Malheureusement la sinistre fatalité qui
semblait s'acharner sur notre pauvre famille ne lui en laissa pas le
temps. Elle mourut en se noyant dans une mangeoire à pigeons
avant de mettre au monde son troisième enfant.
J'aurais pu
chercher une femme au village pour me seconder dans les tâches
ménagères harassantes qui composent l'ordinaire de la
vie à la ferme. Le problème, c'est que des femmes au
village, à part ma mère, il n'y en a plus depuis 1972,
depuis que la dernière communauté de lesbiennes a foutu
le camp, importunée par les avances un peu trop pressantes de
l'âne Cadichon. Evidemment, j'aurais pu descendre à la
ville pour chercher une femme, mais ça aurait été
une étrangère et qu'est-ce que vous voulez, dans la
famille on n'aime pas trop les étrangers. Du coup j'ai reporté
mon affection vers la seule présence féminine de mon
entourage. Or, il se trouve qu'Anne-Marie qui allait sur ses quinze
ans était la plus jolie fille qui soit aux alentours et c'est
tout naturellement que nous nous sommes mis en ménage et que
nous avons dormi dans le même lit.
Nous vivons ainsi depuis plusieurs années. Anne-Marie a mis au monde un petit garçon que nous avons appelé Gustave en hommage à son père ainsi qu'à son grand-père. La vie à la ferme reste dure et parfois dangereuse et il m'arrive parfois de penser avec angoisse à ce que pourrait devenir Anne-Marie si par hasard il m'arrivait malheur. Un accident d'arrosoir est si vite arrivé! Et malheureusement, il n'y a plus aucun homme au village qui puisse assurer la succession de la ferme. Quant à aller chercher un étranger à la ville, j'espère bien qu'Anne-Marie n'en sera jamais réduite à une telle extrêmité! Je n'imagine que trop bien de quelles turpitudes ces dégénérés sont capables! Ma mère m'a suffisamment parlé de leurs moeurs ignobles et répugnantes! Lorsque je fais part de mes inquiétudes à celle qui est pour moi tout à la fois une soeur, une fille et une compagne, elle me répond tendrement en me regardant de ses grands yeux charmants : « Ne t'inquiète pas, Gustave, si jamais il t'arrive quelque chose, il y aura toujours Gustave, c'est presqu'un homme maintenant! »
Il y a un an de
cela, je songeais à me séparer de la fidèle
automobile qui accompagna mes débuts professionnels. Je
découvris à cette occasion que celle que je croyais
insensible était en réalité douée de
sentiments pour le moins exacerbés. J'avais relaté
cette passion étrange pour mes fidèles lecteurs dans
une note que l'on pourra toujours relire ici.
Depuis -
l'avouerais-je sans un sentiment de honte et de culpabilité ?
- je me suis séparé de ma fidèle petite automobile, je l'ai ignominieusement revendue à un petit jeune
de mon quartier pour quelques centaines d'euros. Il m'arrive parfois
de la croiser dans la rue, garée le long du trottoir. Lorsque
je passe près d'elle, je détourne le regard, je fais
semblant de ne pas la voir.
Dernièrement
pourtant, je ne pus me soustraire à ses reproches.
« Alors, tu es content Concombre ? Si tu crois que je ne te vois pas, si tu crois que cela ne me fend pas la pompe à injections de te voir passer au volant de ta pouffiasse ? Tu peux me dire ce qu'elle a de plus que moi ? Comme par hasard tu as choisi la même que moi, même marque, même modèle, même couleur. Evidemment, elle a dix ans de moins, son moteur n'est pas encrassé comme le mien et j'imagine qu'elle n'est pas aussi poussive que moi dans les montées. Il n'empêche, ce choix que tu as fait est révélateur : tu es toujours amoureux de moi, je suis certaine que j'obsède tes nuits comme tu obsèdes les miennes. Oh si tu pouvais savoir combien je souffre depuis que tu m'as quittée! Le petit jeune à qui tu m'as confiée est très gentil, ce n'est pas le problème. Il s'occupe de moi avec attention, il me lave, il me bichonne. Mais il est... comment dire... novice... Si tu crois que ça m'amuse d'avoir un A collé sur ma lunette arrière pour bien signifier que celui qui me conduit est un bleu. Bien sûr il s'applique, mais ses gestes sont maladroits et je ne peux pas m'empêcher de faire des comparaisons, sa façon de manier mon lever de vitesse ou de tenir mon volant, par exemple, sont des plus gauches comparées aux tiennes. Évidemment je ne le lui ai jamais dit, je ne veux pas lui faire de peine. Et puis sa façon de m'examiner sous toutes les soudures dans les premiers temps comme s'il me soupçonnait d'être atteinte d'une maladie honteuse, c'était légèrement vexant... Alors qu'avec toi... dès que je t'aperçois j'ai l'essence qui palpite dans les tuyaux... Je vois bien que tu en pinces encore pour moi. Toi et moi, c'est à la vie à la mort! Il n'est pas encore trop tard Concombre! Sur un seul mot, sur un seul geste de toi, j'abandonnerai mon propriétaire actuel et je t'emmènerai au bout du monde!
- Voyons, tu sais bien que ce n'est pas possible, tu ne m'appartiens plus et puis de toute façon... j'ai une autre automobile maintenant.
- Qu'importe! Je veux que tu me prennes de force, là sur le trottoir. Partons tous les deux, loin d'ici. Personne ne nous retrouvera, nous vivrons heureux sur les routes sans rien demander à personne...
- Ma pauvre amie, tu
es complètement folle! Il faut que je mange, il faut que tu
consommes de l'essence, et pour ça il faut de l'argent, on ne peut pas partir comme ça en
plaquant tout... »
Je laissais mon ex-automobile à ses élucubrations délirantes, songeant que j'avais décidément bien fait de me séparer d'elle...
Depuis maintenant plus de deux mois, un locataire qui ne paye pas son loyer squatte indûment ce blog aux dépens de son propriétaire légitime. Au vu de ce constat, on peut se demander si l'état de droit est respecté dans ce pays. Rappellera-t-on que l'on a limogé un préfet pour un fait bien moins grave ? C'est pourquoi il est temps de réagir et d'expulser cette racaille qui se croit tout permis hors de ce blog. On ne peut pas laisser perdurer plus longtemps le sentiment d'impunité qui gangrène ce pays! Car enfin si la réflexion et l'exigence intellectuelle était au rendez-vous de ce que publie ce locataire indésirable, on ne pourrait pas tout à fait lui en vouloir. Mais les posts publiés par lui sont un ramassis de vulgarités d'une pauvreté intellectuelle affligeante.
Je n'ai pas peur de le dire : il est plus que temps que le Concombre reprenne en mains ce blog qui sans lui est en train de péricliter... Exit la photo du monarque! Vive le vert! Retour au titre original. Et je remets le compteur à zéro et le remplace par de la musique!
C'est pour Nicolas Sarkozy, nommé par le Président de la République à la tête du parti socialiste (voir notes précédentes), une façon de faire taire les mauvaises langues qui affirmaient qu'il se conformerait aux volontés du Prince. Il lui a en effet suffi de quatre jours pour mettre à mal la loi sur l'internet. Cette loi inique projetant de couper les connexions internet pour les adeptes du téléchargement a été rejetée par le parlement grâce à l'action déterminée de celui qui peut désormais s'afficher, fort de cette première victoire, en leader incontestable d'une opposition enfin debout et prête à en découdre avec la politique liberticide du chef de l'état!
Le premier secrétaire du plus grand parti d'opposition assume pleinement le rôle qui est le sien comme en témoigne ce document sonore recueilli par nos journalistes.
C'est presque
officiel! Après la nomination de Jean Luc Hees à la
tête de Radio France et celle de Philippe Val à celle de
France Inter, le Président de la République a décidé
de nommer le successeur de Martine Aubry (voir la note précédente).
Il ne s'agit pas comme on pouvait s'y attendre d'un transfuge (les
noms de Bernard Kouchner ou d'Eric Besson avaient un moment été
murmurés dans certains milieux), mais d'un authentique homme
de gauche. Le futur secrétaire général du parti
socialiste a en effet toujours marqué son attachement aux
figures historiques du socialisme français telles que Jean
Jaurès ou Léon Blum dans la lignée desquels il
entend se situer. On le connaît également pour avoir
salué les figures de la résistance communiste et cette
allégeance lui donne la légitimité nécessaire
pour former à gauche une grande alliance avec le parti
communiste. Contrairement à d'autres socialistes, il a
toujours défendu la valeur travail contre le grand capital,
condamnant énergiquement les rémunérations
scandaleuses des grands patrons et appelant sans relâche à
la création d'une loi interdisant les parachutes dorés,
à une époque où l'ensemble des dirigeants
socialistes étaient encore très frileux sur le sujet.
Il s'agit d'un homme politique irréprochable salué par
tous comme un homme de conviction et d'ouverture qui s'est longtemps
opposé à la politique régressive de Jacques
Chirac et de Dominique de Villepin, n'hésitant pas à lutter
vigoureusement contre la réforme impopulaire du CPE au point d'être un des principaux artisans de son échec.
Vous l'aurez reconnu, il s'agit bien entendu de Nicolas Sarkozy. Nous ne doutons pas qu'avec un tel homme, le parti socialiste retrouvera la force qu'il avait perdue depuis la mort de Mitterrand...
C'est un fait entendu, ce gouvernement ne fait pas le poids face à la crise internationale. Soutien indéfectible des grands patrons et des puissances financières, il n'est pas en mesure de refonder l'économie ainsi qu'il serait nécessaire de le faire en ces temps de marasme financier. Plus grave, il n'hésite pas à remettre en cause, dans des attaques sans précédent depuis le régime de Vichy, les libertés fondamentales qui sont la fierté de notre pays.
Face à ce comportement autiste et liberticide, que fait l'opposition ? C'est bien simple, elle ne fait rien. Occupée à ses querelles de cheftaines, elle ne parvient pas être audible alors que la situation n'a jamais été aussi dramatique. Pour les sauver de la politique gouvernementale les Français ont le choix entre une présidente de Poitou Charente autoproclamée gourou de secte et la présidente du Nord pas de Calais au charisme d'une huître. La situation peut-elle durer ainsi ? Certainement pas!
C'est pourquoi j'ai décidé, dans l'intérêt de la France et parce qu'il ne faut rien attendre du pouvoir exécutif actuel de redonner à l'opposition sa véritable place dans le débat démocratique. Pour que ce soit le cas, il est nécessaire que l'opposition s'exprime d'une manière claire, par l'intermédiaire d'une voix unique, suffisamment audible et forte pour pouvoir apporter la contradiction à ce gouvernement qui nous mène droit dans le mur.
Par conséquent, mes chers compatriotes, j'ai décidé que dorénavant le chef du parti socialiste serait nommé par le président de la République, avec accord du CSA, bien entendu.
Vive la République et vive la France!