Through the looking glass : deuxième partie
Rien que pour toi, la suite de cet histoire extraordinaire. Si tu na pas lu le début, il faut lire la première partie, tu verrat ses génial!
Je commençai à être plutôt inquiet. Cette
personne qui s'adressait à moi avait visiblement le contrôle
total de la situation. Incapable de prononcer le moindre mot, je
tentai tout de même d'entrer en communication avec mon
mystérieux interlocuteur. Je me mis à penser très
fort à une phrase en espérant qu'il l'entendrait :
« Qui êtes-vous à la fin ?
- Qui je suis ? Je suis ton reflet... ou plutôt... tu es le mien. Alors cela fait quel effet d'être de l'autre côté du miroir ?
- Mon reflet ? Qu'est-ce que cela veut dire ?
- J'ai été ton reflet pendant des années, j'ai été le témoin de bien des épisodes de ta lamentable existence. Je ne pouvais rien dire, rien faire et je devais me contenter d'assister impuissant à tous tes ratages. Mais la situation a changé. Maintenant, c'est moi qui dirige les opérations. Tu es devenu mon reflet. Tu vas voir comment je gère une existence telle que la tienne.
Je dus me rendre à l'évidence, mon interlocuteur n'était autre que cet individu que je voyais dans la glace et que j'avais pris naïvement pour moi-même. Je compris également pourquoi je n'avais le sentiment d'exister que lorsque je voyais mon reflet dans un miroir : tout simplement parce que j'étais devenu moi-même le reflet.
Mon reflet m'adressa un large sourire carnassier puis il disparut de
mon champ de vision, me renvoyant encore une fois au néant.
Je le revis par intermittence, dans ma salle de bain, dans les
toilettes du collège où je travaillais, dans la rue,
dans ma voiture. Visiblement, mon reflet avait pris son rôle à
coeur et assurait sa nouvelle fonction de professeur avec sérieux.
Il n'en avait pas moins d'étranges lubies, comme celle
d'installer un miroir au plafond de ma chambre. Cet instrument d'un
goût douteux me permit de constater que la disposition
spartiate de l'endroit où je dormais avait cédé
la place à un arrangement somptueux où dominaient la
pourpre et l'or. « Rome remplaçait Sparte »
songeai-je à part moi, ne pouvant me débarrasser de
cette fâcheuse manie de glisser des citations littéraires
dans les situations les plus triviales. Dans les temps qui suivirent,
d'autres miroirs apparurent dans les autres pièces. Mon reflet
tenait visiblement à ce que je puisse le voir à toutes
heures du jour et de la nuit.
Un soir, mon reflet entra, accompagné d'Estelle, la documentaliste de mon collège pour laquelle j'avais toujours eu un faible. Je vis le dîner aux chandelles, la bouteille d'un grand cru qui fut vidée dans la soirée, les tentatives expertes de rapprochement de la part de mon reflet auxquelles Estelle se prêta avec une complaisance qui me laissa stupéfait, et pour finir, l'étreinte finale sur le lit somptueux couvert de pourpre.
Le lendemain, dans le miroir de la salle de bain, mon reflet me regardait avec un air narquois.
- Alors ? Qu'est-ce que tu en dis ? Ça t'en bouche un coin, non ? C'est autre chose que tes lamentables tentatives d'approche. Il ne m'a pas fallu une semaine pour la mettre dans mon lit, la poulette.
- Tu n'as pas le droit de dire ça, avec Estelle nous avions une relation privilégiée.
- Tu veux dire que vous n'aviez pas de relation du tout. C'est vrai que parler, comme tu l'as fait la dernière fois que tu l'as invitée, de la philosophie de Bergson, c'était super glamour. Mais tu aurais pu choisir un sujet encore plus romantique, tel que l'usage du tiret dans l'oeuvre de Julien Gracq ou la syntaxe des phrases de Marcel Proust.
- Tu peux te moquer, n'empêche qu'Estelle est une fille sensible et intelligente et qu'elle se rendra vite compte que tu n'es pas moi.
- Tu parles, c'est une petite dinde. Elle attendait juste que tu la sautes et c'est moi qui l'ai fait. Dommage pour toi, tu aurais dû en profiter, c'est plutôt un bon coup. D'autant plus que je l'ai séduite avec ce poème.
Il me mit devant les yeux un poème que malgré l'inversion due à l'effet miroir je reconnus comme étant un de ceux que j'écrivais en classe de première.
- Mais c'est un des poèmes que j'avais écrit pour Natasha! Tu n'as pas le droit de t'en servir de cette façon.
- Bah, il fallait bien qu'il serve à quelque chose et ce n'est pas l'effet qu'il a eu sur Natasha qui t'a payé de la peine que tu as pris à l'écrire. Quelle idée aussi de tomber amoureux d'une lesbienne alors que tu aurais pu sortir avec n'importe laquelle de ces filles de seconde qui te faisaient les yeux doux! Mon pauvre Concombre, je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi niais que toi! De toute façon ce poème était juste un appât, si tu t'imagines que je vais rester avec une vulgaire documentaliste tu te goures.
- Mais tu n'as pas le droit de traiter les gens de cette façon!
- C'est ce qu'on va voir.
(A suivre...)
Comments
Lewis Caroll, Stevenson... On ne se refuse rien Concombre ! Encore bravo pour cet "essai" fiction, tu devrais en faire un roman.
[Patrickkkkkkkkk té trop fort !!! Cé ou qu'on achète ce miroire qui parle ? J'ai déjà le ScreenMirror pour mon ipod - trop top ! - mé le tien il est mega géant, il poura tenire compagnie à EgoBoss mon chihuahua rose fluo. Mé surtou, çuilà la fille Audigier suis sure elle l'a pas. Yesss !!
Y avé pas celui de Blanche Neige par hasar ?]
Que dire? Merci et vivement la suite!!