Through the looking glass : 3ème partie
Voilà la suite de cette formidable histoire que j'est inventé! Si tu na pas lu le début précipite toi deçus!
Dans les jours qui suivirent cette conversation, je vis mon reflet en la charmante compagnie de Marie-Hélène, ma collègue de SVT dans une position qui ne souffrait aucune équivoque. Cette scène provoqua en moi une colère dont je fis part à mon reflet peu de temps après.
- Tu n'as pas le droit de faire cela avec Marie-Hélène, elle est mariée, elle a un enfant!
- Et alors ? Tu crois que je l'ai violée ? Visiblement son mari ne doit pas la satisfaire, si tu avais entendu comme elle criait quand nous avons fait l'amour. Mais suis-je bête, tu as forcément entendu puisque tu étais là!
Mon reflet n'en resta pas là. Non content d'afficher avec cynisme ses nombreuses conquêtes dans l'angle de tous les miroirs possibles afin que je ne puisse les ignorer, il me lançait des clins d'oeil lubriques que j'étais bien malgré moi contraint de lui renvoyer. La mesure fut pleine lorsque je l'aperçus dans les toilettes de mon collège avec une de mes élèves de troisième dans une position scabreuse. C'en était vraiment trop et je le lui fis savoir.
- Allons, pas la peine de t'énerver. Ne t'inquiète pas, elle ne dira rien, ta carrière n'est pas menacée et de toute façon elle n'était même plus vierge...
J'aurais pu penser que mon reflet se contenterait de ces activités lubriques, mais il avait d'autres ambitions. Je le vis revenir un soir avec un livre dont il me fallut quelques temps pour déchiffrer le titre, peu habitué que j'étais à l'écriture inversée. Lorsque j'y parvins, je ne pus m'empêcher de sursauter.
- Les Chroniques d'Ibiros ? Mais c'est le titre du roman d'heroic-fantasy que j'avais écrit lorsque j'étais en seconde! Qu'est-ce que cela veut dire ?
- J'ai retrouvé le manuscrit dans un de tes placards. Et tu sais quoi ? Il paraît que tu as du talent. C'est mieux que du Pierre Grimbert, c'est en tout cas ce que m'a dit l'éditeur chez qui je vais te publier. C'est dommage que tu ne l'aies pas fait quand tu étais au lycée, ça aurait fait un sacré coup marketing! Un lycéen français de seize ans rivalise avec les grands maîtres anglo-saxons! Enfin bon, tout n'est pas perdu. À ce propos, il faudrait que tu songes à écrire la suite, mon éditeur voudrait la publier avant l'année prochaine.
- Mais ce n'est pas possible d'écrire une suite! À la fin du récit le monde implosait.
- Ah ? Je ne savais pas, je ne l'ai pas lu en entier. Une suite ou un épisode précédent peu importe. Tu pourrais raconter comment la mère et le père de l'enfant de lumière se sont rencontrés par exemple. C'est une suggestion que m'a faite l'éditeur.
- De toute façon, je n'écrirai jamais pour que tu puisses t'enrichir et te pavaner.
- Comme tu voudras, répondit mon reflet en haussant les épaules. J'ai d'autres ressources.
Quelques semaines plus tard, il revenait avec un nouveau livre qu'il me présenta fièrement.
- Je ne t'oublierai jamais , c'est quoi cette connerie ?
- Cette connerie, comme tu dis c'est ton nouveau roman. C'est mieux que Marc Lévy et Guillaume Musso réunis, du moins à ce que m'a dit mon éditeur. Regarde la quatrième de couverture.
En déchiffrant péniblement le résumé du début de l'intrigue, je reconnus le roman sentimentalo-onirique que j'avais écrit en terminale.
- Quoi ? Tu as réussi à faire publier ce roman niaiseux ?
- Ce roman niaiseux va me rapporter un paquet de fric et des admiratrices par milliers et c'est tout ce qui m'intéresse. D'ailleurs, pour te dire la vérité, je ne l'ai pas lu en entier. Enfin, ça me changera, je commençais à en avoir marre des adolescents boutonneux qui me demandaient des autographes.
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