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leConcombre

Vivre me fait rire

vivre est un sacerdoce j'ai décidé d'y consacrer toute mon existence

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Concombre sur canapé

  • Jun 14, 2008
  • 2 comments

Le CONCOMBRE, individu quelconque, mal habillé, mal rasé, mal coiffé

JEUNE VENDEUR, habillé faussement décontracté, genre jeune promu de HEC aux dents longues

PATRON DU MAGASIN, costume sombre, lunettes type ray-ban, globalement l'aspect d'un parrain de la maffia sicilienne


Le décor représente un magasin de salons.


Le CONCOMBRE. Tendant une lettre. Bonjour. Je viens chercher mon appareil photo numérique que j'ai gagné au grand jeu téléphonique de votre magasin.


JEUNE VENDEUR. Jetant un coup d'oeil sur la lettre. Oui, je vois que vous êtes l'heureux gagnant de notre grand jeu concours. Je vais de ce pas chercher le magnifique cadeau que vous avez gagné. S'absente un instant pour aller dans l'arrière-boutique, revient avec un cadre en carton. Et voilà votre cadeau! Un magnifique appareil photo numérique! Vous en avez de la chance!


Le CONCOMBRE. Mais... c'est un bout de carton... découpé au milieu...


JEUNE VENDEUR. Un bout de carton, allons, allons... C'est un appareil dernier cri disposant de la technologie de pointe la plus sophistiquée qui soit. Regardez, vous voyez, il y a un chiffre inscrit sur le haut, preuve qu'il s'agit bien d'un appareil numérique. Et avec cet appareil vous pouvez prendre n'importe quoi en photo. Regardez, je vais prendre une photo de moi. Place le cadre en carton devant sa figure et s'immobilise comme s'il était devenu une photographie. Étonnant, non ? Vous avez observé la qualité de l'image ? Et ce n'est pas tout. Cet appareil fait également caméra. Place le cadre devant sa figure. Reste immobile jusqu'au moment où il fait semblant d'appuyer sur une touche. Rejoue alors à l'identique les phrases qu'il vient de prononcer. Étonnant, non ? Vous avez observé la qualité de l'image ? Et ce n'est pas tout. Cet appareil fait également caméra.


Le CONCOMBRE. Effectivement, c'est confondant de précision.


JEUNE VENDEUR. N'est-ce pas ? Nous sommes comme ça ici, nous aimons faire plaisir à nos clients potentiels. Et vous savez pourquoi ?


Le CONCOMBRE. Je suppose que vous m'avez attiré ici pour m'assommer et me dépouiller de tous les lingots d'or que je porte sur moi.


JEUNE VENDEUR. Pas du tout, c'est pour vous faire découvrir notre magnifique collection de salons ultra-modernes et pour que vous en parliez autour de vous. Maintenant, si cela ne vous dérange pas, je vais vous demander un petit service... Nous aimons bien connaître l'avis de nos clients potentiels. Aussi vais-je vous demander de faire le tour du magasin, de tester les différents modèles et de me dire en toute franchise celui que vous préférez. Je reviens d'ici quelques instants.


Le Concombre s'assoit sur les canapés, dans les fauteuils, saute à pieds joints dessus, pratique un triple salto arrière, se sert du dossier des canapés comme d'une barre transversale pour accomplir des figures de gymnastique. Pendant ce temps, le jeune Vendeur s'entretient avec le Patron du magasin. Ils jettent de temps à autres des regards sournois d'escargots lorgnant une feuille de laitue vers le Concombre. Finalement le Concombre finit par s'allonger sur un canapé style clic-clac. Il s'assoupit.


JEUNE VENDEUR. S'approchant du Concombre. Alors, Monsieur le Concombre ? Vous avez fait votre choix ?


Le CONCOMBRE. Se réveillant en sursaut. Hein quoi ? Ah oui, je me souviens. Excusez-moi, je m'étais endormi, j'étais en train de rêver que j'étais dans un grand restaurant parisien. Mais au lieu d'être assis à une table, j'étais dans une assiette sur une tranche de pain grillée et le serveur annonçait à voix haute : « Concombre sur canapé ». Brrr. J'en ai des frissons...


JEUNE VENDEUR. Alors vous avez choisi le canapé que vous préfériez ?


Le CONCOMBRE. Oui, c'est celui sur lequel je suis assis.


JEUNE VENDEUR. Si je puis me permettre, c'est un excellent choix. Il s'agit d'un modèle Louis XV qui a été primé au grand salon international de Knokke le Zout.


Le CONCOMBRE. Un modèle Louis XV ? Mais il s'agit d'un clic-clac!


JEUNE VENDEUR. Parfaitement, Monsieur. Il s'agit de la reproduction du modèle sur lequel Louis XV et la Marquise de Pompadour se... enfin vous voyez ce que je veux dire...


Le CONCOMBRE. Je ne vois rien du tout. Vous pourriez me faire un dessin ?


JEUNE VENDEUR. Sort une feuille de papier et un crayon de sa poche et trace des traits en tirant la langue puis tend le papier au Concombre. Voilà.


Le CONCOMBRE. Prenant le papier et le tournant dans tous les sens comme s'il ne savait pas dans quel sens le regarder. Eh bien! Ils ne s'embêtaient pas à l'époque!


JEUNE VENDEUR. Il s'agit d'un exemplaire exceptionnel. Un objet de luxe que ni vous ni moi ne pourrons jamais nous payer, à moins de gagner au loto.


Le CONCOMBRE. Vous parlez du dessin que vous venez de faire en dix secondes ? C'est ridicule, pourquoi vouloir le payer alors que c'est vous qui l'avez fait ?


JEUNE VENDEUR. Non je parlai du canapé. Il est beaucoup trop cher pour votre minable petit compte en banque. Il n'y a qu'une seule chance pour vous de voir un jour cet objet sublime dans votre salle de séjour. Vous faites évidemment partie de nos participants à notre grand jeu concours, peut-être allez-vous gagner quelque chose. Je vais aller chercher votre dossier. Il s'absente dans l'arrière-boutique quelques instants et revient avec une pochette, il ouvre la pochette, lit, regarde le Concombre d'un air stupéfait, relit, regarde à nouveau le Concombre.


Le CONCOMBRE. Il y a quelque chose qui ne va pas ?


JEUNE VENDEUR. Ce n'est pas vrai ? Vous êtes le Concombre ?


Le CONCOMBRE. Oui, vous n'aviez pas encore remarqué ?


JEUNE VENDEUR. Vous voulez dire que vous êtes LE Concombre ?


Le CONCOMBRE. Oui, c'est bien moi. Quel est le problème ?


JEUNE VENDEUR. Vous êtes vraiment LE Concombre ? Quand je vais dire ça à ma copine! Que j'ai vu LE Concombre en vrai!


Le CONCOMBRE.soudain soupçonneux. Vous confondez peut-être avec le Concombre masqué ?


JEUNE VENDEUR. Le quoi ?


Le CONCOMBRE. Soulagé. Non rien, un obscur homonyme à moi sans aucun intérêt. On nous confond parfois...


JEUNE VENDEUR. Connais pas...


Le CONCOMBRE. Mais alors comment me connaissez-vous ? Réfléchissant quelques secondes. Ah je sais! Vous êtes un admirateur de mes oeuvres!


JEUNE VENDEUR. Exactement! J'adore tous vos tableaux.


Le CONCOMBRE. Je n'ai jamais peint de tableaux. La seule peinture que j'ai jamais faite de ma vie, c'est le plafond de la salle de bain chez mes parents.


JEUNE VENDEUR. Justement! C'est ce dont je voulais parler! Pour moi cela ne fait aucun doute : il y a dans le monde deux chefs d'oeuvre absolus en matière de peinture de plafonds : les voûtes de la chapelle Sixtine par Michel-Ange et le plafond de la salle de bain des parents du Concombre.


Le CONCOMBRE.faussement modeste. Vous me flattez...


JEUNE VENDEUR. Pas du tout. Et encore cela n'est rien par rapport à vos sculptures!


Le CONCOMBRE. Mes sculptures ? J'ai définitivement abandonné la sculpture lors de mon entrée au CP. Quant à mes sculptures de jeunesse, elles se sont perdues lors du déménagement de mes sept ans. À moins que mes parents les aient délibérément jetées ? Mais je n'ose envisager cette hypothèse...


JEUNE VENDEUR. Perdues ? Mais vous ne saviez pas qu'on les avait retrouvées ? Enfin vous n'avez pas vu la rétrospective au Grand Palais le mois dernier ? Les oeuvres de jeunesse du Concombre, cela s'appelait. Le Tout-Paris ne parlait que de cela.


Le CONCOMBRE. Non, je n'ai pas fait attention, je suis tellement occupé...


JEUNE VENDEUR. Quand je vais dire ça à ma copine... Elle adore vos oeuvres!


Le CONCOMBRE. Hum... une personne de bon goût assurément.


JEUNE VENDEUR. Surtout vos... films.


Le CONCOMBRE. Ah ? Vous avez vu mes films ? Est-ce indiscret de vous demander lequel vous préférez ?


JEUNE VENDEUR. Eh bien... celui...


Le CONCOMBRE. Oui ?


JEUNE VENDEUR. Où il y a... un homme...


Le CONCOMBRE. Ah ?


JEUNE VENDEUR. Et une femme...


Le CONCOMBRE. Je vois.


JEUNE VENDEUR. Vous voyez duquel je veux parler ?


Le CONCOMBRE. Oui, il s'agit vraisemblablement de d'horreur et d'halloween. À moins que ce ne soit la jeune fille et le lycanthrope.


JEUNE VENDEUR. Et bien j'adore les deux, je n'arrive pas choisir. Dans Halloween...


Le CONCOMBRE. D'horreur et d'halloween, Halloween est un film de John Carpenter, rien à voir avec le mien.


JEUNE VENDEUR. Évidemment. Dans d'horreur et d'halloween, j'adore la scène avec le... vampire.


Le CONCOMBRE. Il s'agit d'un fantôme.


JEUNE VENDEUR. C'est ce que je voulais dire, quand on le voit hanter les couloirs du château.


Le CONCOMBRE. Il hante la véranda d'une maison berrichonne, il n'y a pas de château dans mon film.


JEUNE VENDEUR. C'est filmé de telle façon qu'on est persuadé que l'action se passe dans un château, je vous assure.


Le CONCOMBRE. Et dans la jeune fille et le lycanthrope, quels passages avez-vous aimés ?


JEUNE VENDEUR. Tous. Mais je voulais vous demander à ce propos, qu'est-ce que représente exactement le lycanthrope ?


Le CONCOMBRE. C'est l'image de la fatalité, du destin, de la malédiction inhérente à la vie d'artiste. Bref c'est une allégorie de la condition humaine...


JEUNE VENDEUR. Non, ce n'est pas ce que je vous demandais. Je voulais savoir ce qu'était un lycanthrope.


Le CONCOMBRE. Ah ? Un lycanthrope ? Vous n'avez jamais fait de grec ? Il s'agit de ce que l'on appelle vulgairement un loup-garou.


JEUNE VENDEUR. Ah oui... J'adore le moment où le loup-garou hurle à la lune et celui où on voit des tâches de sang rouge. C'est effrayant...


Le CONCOMBRE. La jeune fille et le lycanthrope est un film en noir et blanc.


JEUNE VENDEUR. Ah ?


Le CONCOMBRE. Muet.


JEUNE VENDEUR. Il ne lui manque que la parole, je vous assure.


Le CONCOMBRE. Tourné en plein jour et même en plein soleil.


JEUNE VENDEUR. La nuit est tellement bien rendue qu'on croirait voir la lune. Tel qu'il est ce film est admirable.


Le CONCOMBRE. C'est assez mon avis.


JEUNE VENDEUR. Vous êtes un génie Monsieur le Concombre, c'est incontestable.


Le CONCOMBRE. Faussement modeste. Oh, n'exagérons rien. Disons que je suis simplement quelqu'un d'extrémement talentueux.


JEUNE VENDEUR. Le meilleur. Vous êtes le meilleur, Stanley Kubrick ne vous arrive pas à la cheville. Si vous pouviez me signer un autographe...


Le CONCOMBRE. Mais bien sûr.


Le vendeur tend un stylo et une feuille au Concombre qui signe sans regarder puis examine d'un air soupçonneux la feuille qu'il vient de signer.


Le CONCOMBRE. Mais... Vous m'avez fait signer un contrat de vente pour un canapé à trente mille euros!


JEUNE VENDEUR. Vous croyez ? Oh que je suis distrait! Je n'avais pas fait attention. De toutes façons ce contrat ne vous concerne pas. On papote, on papote et j'ai totalement oublié de vous dire que vous êtes le grand gagnant de notre concours. Vous êtes content ?


Le CONCOMBRE. J'ai gagné quoi ?


JEUNE VENDEUR. Un bon de réduction de cinq euros sur n'importe quel salon de notre collection. Ce qui fait que ce merveilleux canapé Louis XV qui vous plaît tant ne vous coûtera plus que vingt neuf mille neuf cent quatre quinze euros au lieu de trente mille! C'est extraordinaire, vous ne trouvez pas ?


Le CONCOMBRE. C'est une offre exceptionnelle, à n'en pas douter.


JEUNE VENDEUR. Attendez je vais voir mon patron pour lui annoncer la nouvelle.Oh que je suis heureux!

Il se lève, va voir le patron, lui parle à voix basse et revient avec lui

JEUNE VENDEUR. Voilà notre grand gagnant du jeu concours, Monsieur Rondecuir, c'est Monsieur Le Concombre, un grand artiste méconnu.


PATRON. Monsieur Le Concombre, je suis enchanté de faire votre connaissance. Alors comme cela vous allez pouvoir vous offrir un canapé Louis XV pour un prix défiant toute concurrence ? Toutes mes félicitations! C'est votre épouse qui va être contente!


Le CONCOMBRE. Je ne suis pas marié.


PATRON. Vos parents alors...


Le CONCOMBRE. Mes parents sont morts dans un accident d'ascenseur.


PATRON. Je suis désolé, je ne savais pas.


Le CONCOMBRE. Vous ne pouviez pas savoir. Mais leur mort m'a servi de leçon. Il ne sert à rien de vouloir monter plus haut dans la société, il faut se contenter de l'étage où l'on se trouve.


PATRON. Voilà une sage parole. Enfin avec ce canapé vous pourrez faire plaisir à vos amis lorsque vous les inviterez chez vous.


Le CONCOMBRE. Je n'ai pas d'amis.


PATRON. Vos collègues alors ?


Le CONCOMBRE. Je n'invite jamais mes collègues chez moi. De toute façon, je n'aime pas les gens.


PATRON. Alors peut-être que vous avez un chien ?


Le CONCOMBRE. Non.


PATRON. Un chat ?


Le CONCOMBRE. Non plus.


PATRON. Un lapin nain ?


Le CONCOMBRE. Non plus.


PATRON. Un colibri ?


Le CONCOMBRE. Non plus.


PATRON. Vous n'avez pas d'animaux ?


Le CONCOMBRE. J'ai bien un poisson rouge, mais je lui interdis de s'asseoir sur mon canapé. À cause des taches.


PATRON. Je vous comprends. Écoutez, puisque vous m'êtes sympathique, je tiens absolument à vous offrir quelque chose pour votre poisson rouge en plus de ce magnifique canapé que je vous laisse pour pratiquement rien. Il va chercher quelque chose dans l'arrière boutique et revient avec un bocal. Voilà, ce magnifique bocal pour votre poisson rouge.


Le CONCOMBRE. Mais c'est un bocal à cornichons!!!


PATRON. Et alors ? Vous êtes bien un Concombre. Machin chose, je vous laisse avec Monsieur le Concombre pour régler les détails pratiques de notre transaction.


JEUNE VENDEUR. Merci Monsieur Rondecuir, vous êtes vraiment trop généreux! Au Concombre. Ce Monsieur Rondecuir! Le coeur sur la main, toujours prêt à rendre service. Vous avez vu comme il n'a pas hésité une seule seconde à vous offrir ce bocal. Ce que vous ignorez sans doute et qu'il ne vous a pas dit parce qu'il est discret, c'est que ce bocal est dans sa famille depuis le XVVIIIème siècle. Depuis que je suis à son service, il n'a cessé de me dire que ce bocal était son bien le plus précieux. Et il vous le donne, comme ça. C'est extraordinaire!


Le CONCOMBRE. Regardant attentivement le canapé. Hum. Quelque chose dans cette histoire me chiffonne.


JEUNE VENDEUR. Donc pour la livraison, vous préférez en semaine ou le week-end ?


Le CONCOMBRE. Le week-end je ne suis pas chez moi, la semaine non plus d'ailleurs. Le mieux serait que vous veniez le vendredi soir à 23h59 très précisément.


JEUNE VENDEUR. D'accord, je note. Vous réglez en liquide ou vous préférez nous donner votre numéro de carte bancaire ?


Le CONCOMBRE. Vous n'acceptez pas les timbres postes ?


JEUNE VENDEUR. Pour les réglements inférieurs à cinquante centimes d'euros, exclusivement.


Le CONCOMBRE. Je ne peux pas vous payer en soixante mille versements ?


JEUNE VENDEUR. Non, par contre si vous payez en liquide, nous nous engageons à dépenser l'argent que vous nous aurez confié sur une durée de deux ans pour que vous ne soyez pas gêné financièrement.


Le CONCOMBRE. C'est généreux de votre part.


JEUNE VENDEUR. Ne nous remerciez pas c'est tout naturel. Alors ? Quel moyen de paiement choisissez-vous ?


Le CONCOMBRE. Attendez deux secondes. Il y a quelque chose qui me chiffonne.


JEUNE VENDEUR. Quelque chose qui vous chiffonne ? Allons donc, ce n'est probablement que votre repas de ce midi que vous aurez mal digéré. Dépêchez-vous, le magasin va bientôt fermer et cette offre exceptionnelle va vous passer sous le nez. Ce serait vraiment dommage!


Le CONCOMBRE. Réfléchissant longuement et ayant soudain une illumination. Ça y est, je sais! Monsieur, je n'achèterai pas votre canapé!


JEUNE VENDEUR. Vous n'achèterez pas... Mais enfin Monsieur! À ce prix-là, il est pour aisni dire donné! Vous n'êtes pas sérieux ?


Le CONCOMBRE. Tout ce qu'il y a de plus sérieux!


JEUNE VENDEUR. Comment est-ce possible ? Une pièce de collection! À un prix défiant toute concurrence!


Le CONCOMBRE. Il y a Monsieur que la couleur de ce canapé ne s'accorde absolument pas avec la couleur de mon service à thé.


JEUNE VENDEUR. Mais enfin, ce n'est pas possible! La couleur de ce canapé a été spécialement conçue pour s'accorder avec n'importe quel service à thé!


Le CONCOMBRE. Certainement pas avec le mien, je regrette. De quoi j'aurais l'air aux yeux de mon poisson rouge en commettant une telle faute de goût ? Je vois bien qu'il a déjà tendance à ne pas me prendre au sérieux... Vous voulez totalement ruiner ma réputation auprès de lui ?


JEUNE VENDEUR. Mais enfin Monsieur...


Le CONCOMBRE. Pas la peine d'insister, je n'achèterai jamais ce canapé. Il se lève et se dirige vers la sortie, le rideau se referme et le Concombre reste à l'avant-scène. J'aurais dû me méfier de ce jeune vendeur. C'est le genre à qui on ne peut pas faire confiance. Affirmer que ce canapé pouviat aller avec mon service à thé! Il faut vraiment n'avoir aucun goût!


2 comments Tags: théâtre, se faire des films

Dans mon automobile, tous les deux on serait bien ...

  • May 10, 2008
  • 6 comments

    Il y a quelques années de cela, alors que, jeune professeur fraîchement émoulu de l'IUFM j'entamai ma carrière de titulaire de l'Education Nationale, j'avais acheté une voiture à un homme âgé à qui l'on venait de retirer son permis en raison de ses ennuis de santé. C'était une peugeot 106 rouge, le modèle de base, une bonne petite voiture résistante que j'ai gardée jusqu'à ce jour et qui m'a accompagné dans la plupart de mes déplacements professionnels et privés.

    Mais il y a quelques temps, constatant qu'elle affichait bientôt 200 000 kilomètres au compteur, j'envisageai de la remplacer par une automobile plus récente. J'y pensais déjà depuis plusieurs jours lorsque je prononçai cette phrase sur le trajet qui mène à l'un des établissements scolaires où je travaille : « Cette voiture se fait décidément trop vieille, il faudra bien que je me décide à en acheter une autre! » C'est à ce moment-là que la musique diffusée par l'autoradio s'arrêta subitement Coutumier de ces sautes d'humeur de mon autoradio qui cherchait probablement une fréquence plus adaptée à la situation géographique qui était la nôtre, je ne m'inquiétai pas outre mesure. Je ne pus cependant retenir un mouvement de surprise en entendant une voix féminine prononcer d'un ton doucereux : « Concombre, tu ne crois pas qu'il faudrait qu'on en discute ? » Aucun doute, la voix s'adressait directement à moi. « Excusez-moi, on se connaît ? » Un profond soupir s'échappa des hauts parleurs.


    « Je ne peux même pas me nommer puisque tu ne m'as pas donné de nom. Je suis ta voiture, ton automobile, ton véhicule, ton moyen de transport, celle qui te fait voir du pays.  

- Ah ? Je ne savais pas que tu étais douée de parole.

- Oui, pendant des années je suis restée silencieuse, attendant humblement que tu m'adresses la parole. Je n'avais pas besoin de grand chose, quelques mots affectueux pour me dire que tu pensais à moi. Cela fait des années maintenant que j'attends et ces mots, tu ne les as jamais prononcés. Et maintenant tu parles de te débarrasser de moi, de me remplacer par une autre.

- Mais j'ignorais que tu avais des sentiments.

- C'est bien ce que je te reproche, tu ne t'es jamais rendu compte de ce que j'éprouvais. Pourtant je t'ai aimé dès le premier instant. Pourtant le précédent était bien plus gentil que toi, il avait des gestes tendres à mon égard, il me donnait des petits surnoms affectueux, il me gardait à l'abri dans un garage. Il a même pleuré lorsque je l'ai quitté pour partir avec toi.

- ...

- Mais c'est toi que j'ai aimé, toi qui me maltraitais. C'était physique, chaque fois que tu entrais en moi, j'en avais des frissons, je me mettais à rougir de plaisir, quand tu me titillais le levier de vitesse je me sentais des ailes et quand tu maintenais fermement mon volant dans tes grandes mains en m'imposant la direction à suivre tu faisais de moi ta chose, ton objet. Tu m'aurais emportée n'importe où. D'ailleurs mes transports nous ont conduits dans bien des lieux. Ensemble nous avons parcouru la France entière. Le précédent ne me sortait jamais ou lorsqu'il me sortait c'était pour faire dix kilomètres. Sans toi je n'aurais jamais connu la Bretagne, l'Île de France, la Picardie, les châteaux de la Loire, le Berry, l'Auvergne, Le Languedoc-Roussillon, la Savoie, la Provence et je ne parle même pas de la Suisse et de l'Autriche...

- C'est vrai, nous en avons vu, du pays...

- C'est pour cela, je ne t'en veux pas... Pourtant j'aurais des raisons, mais c'est plus fort que moi, j'ai tout accepté de toi. Que tu permettes à d'autres, des inconnus parfois, d'entrer en moi sans me demander mon avis. J'ai accepté par amour, même les fois où vous avez été cinq en même temps. J'ai accepté aussi de partager ta compagnie avec tes conquêtes dont tu m'imposais la présence.

- Mes conquêtes ? Faut pas exagérer il n'y en a pas eu tant que ça, je suis loin d'être un Don Juan.

- Peu importe le nombre. Quelle femme aurait accepté ce que j'ai accepté ? Et quand tu me laisses dormir dans la rue, au pied de ton immeuble, tu crois que je ne me sens pas humiliée, à la merci de tous les inconnus qui passent et qui pourraient me violer ?

- Ce n'est jamais arrivé...

- Et que fais-tu de cette fois où des jeunes m'ont agressé, brisant ma lunette arrière à coups de batte ?

- Je te l'ai remplacée et j'ai porté plainte. Ce n'est pas de ma faute à moi si l'on n'a jamais retrouvé les agresseurs. Il faut dire que tu n'en as jamais parlé non plus.

- J'avais trop honte et je n'ai pas vraiment eu le temps de les voir. Et puis tu as tendance à toujours minimiser ce qui m'arrive. Comme cette fois où je n'arrêtais pas de tousser et où tu ne cessais de répéter que cela ne devait pas être bien grave. Jusqu'au jour où tu t'es enfin décidé à m'emmener chez le garagiste et où l'on a découvert que c'était ma courroie de transmission qui était sur le point de lâcher.

- C'est vrai, j'avais tort...

- Et tu oublies régulièrement de mettre de l'huile dans mon moteur, tu oublies de faire la vidange quand il le faudrait. Tu me négliges, tu me malmènes. Je devrais t'en vouloir, et pourtant je n'y arrive pas. Je t'ai dans la carrosserie, c'est plus fort que moi. Alors je te préviens, quand tu parles de me quitter, ça me rend folle, je sens que je serais prête à faire n'importe quoi pour te garder, y compris à aller m'encastrer dans un poids lourd pour que nous mourions ensemble.


    Mon automobile se tut. Je restai sans parler moi-même, la main amoureusement posée sur le levier de vitesse, légèrement inquiet tout de même devant la violence d'une telle passion.

    Depuis cet épisode, j'ai décidé de remettre à plus tard le moment où il faudra que je me sépare de mon automobile. Je sais bien que je devrais le faire un jour, mais je n'en ai pas le courage. Je me dis que peut-être je pourrais en acheter une autre sans le lui révéler et lui faire croire qu'elle est encore la seule, l'unique.

6 comments Tags: sur la route, puisque nous partons en voyage, données autobiographiques

Et maintenant, applaudissez...

  • Apr 27, 2008
  • 5 comments

    Je n'aime pas beaucoup Béla Bartok, mais il est de bon ton dans les milieux cultivés de dire que l'on apprécie ce compositeur. Et s'il y a quelque chose que j'ai du mal à supporter, c'est bien que l'on puisse penser que je manque de goût. Aussi avais-je sacrifié à la pression de ce que je dois bien reconnaître comme une forme de snobisme en achetant un billet pour aller entendre au théâtre municipal le deuxième concerto pour piano du dit Bartok. Je songeais que c'était simplement un mauvais moment à passer afin de me faire bien voir de la bonne société de la ville de province où je réside. 


Béla Bartok
Béla Bartok


    Le soir du concert, je m'habillai de façon plus élégante que de coutume et me rendis à pieds jusqu'au théâtre municipal, la compagnie de fiacres que j'utilisais habituellement en pareille occasion s'étant mise en grève.

Au moment d'entrer dans la salle, une ouvreuse m'aborda avec un grand sourire.

- Avez-vous la partition, monsieur ?

Je la regardai d'un air étonné et pris la brochure qu'elle me tendait. C'était bien la première fois que je voyais la partition de l'oeuvre distribuée gratuitement aux spectateurs lors d'un concert. Je trouvai ma place et m'assis. Autour de moi, les autres spectateurs attendaient avec le plus grand sérieux et curieusement on n'entendait pas ce brouhaha habituel des salles de spectacle avant la représentation.


    Quelques temps plus tard, les musiciens de l'orchestre faisaient leur entrée dans la fosse, puis le premier violon, le chef et enfin la pianiste. Curieusement leur entrée ne provoqua aucun applaudissement comme lors des concerts symphoniques auxquels il m'avait été donné d'assister auparavant. Bientôt chacun des musiciens se mit à jouer de son côté ou à accorder son instrument, on ne savait pas trop tant le brouhaha produit était indescriptible.


    Puis la lumière qui éclairait la fosse d'orchestre s'éteignit et les musiciens cessèrent de jouer. C'est alors que les spectateurs qui se trouvaient autour de moi se mirent à applaudir. Je ne pus m'empêcher d'interpeller mon voisin tant la situation me paraissait absurde.  

- Mais pourquoi applaudissez-vous maintenant, le premier mouvement n'a même pas été commencé ?

- Chut!!! Vous me déconcentrez. fut la seule réponse que j'obtins.

De guerre lasse, comme la foule des spectateurs continuait à applaudir, complètement à contre temps me semblait-il, je me joignis à eux et tapai dans mes mains. Mon voisin me foudroya du regard.

- Mais vous faites n'importe quoi! Vous jouez la partie des violons alors que vous êtes placé dans la section des cuivres! Et en plus vous jouez faux et à contre-temps!


    C'est alors que je me rendis compte de ce qui était en train de se passer. Tendant l'oreille, je crus en effet reconnaître une ligne mélodique se dégageant des applaudissements des spectateurs qui m'entouraient. Cette mélodie sans m'être familière ressemblait beaucoup à du Béla Bartok. Les spectateurs étaient en train de jouer le fameux concerto que j'étais venu entendre! Et je constatai en effet qu'ils avaient tous ouvert le livret que leur avait remis l'ouvreuse à l'entrée et sur lequel figurait la partition de l'oeuvre. Frénétiquement, j'ouvris moi aussi ce livret. Malheureusement, les cours de musique du collège étaient bien lointains dans mon esprit et je fus incapable de déchiffrer les portées qui s'offraient à mon regard, ignorant complètement à quel endroit de la partition la salle en était présentement. Je crois que c'est à ce moment-là que je maudis mon obstination à n'avoir voulu, enfant, jouer d'autre instrument que de l'hélicon, instrument que le conservatoire de la ville de banlieue où j'avais passé ma jeunesse ne proposait pas à ses élèves. La conclusion s'imposait d'elle-même : mes connaissances en solfège étaient nettement insuffisantes pour pouvoir espérer me tirer honorablement de la situation où mon incurie m'avait mis. Je tentai bien de donner le change en faisant semblant de taper dans mes mains, mais les regards noirs que me lançaient les autres spectateurs me firent bien comprendre qu'ils n'étaient pas dupes et que mon incompétence était visible aux yeux de tous.


    Les trois mouvements du concerto me furent un véritable supplice et c'est avec soulagement que je vis le concert se terminer, les musiciens se remettre à jouer de leur instrument de façon désordonnée et l'éclairage de la fosse d'orchestre se rallumer. Je m'éclipsai le plus discrètement que je pus sous les murmures de désapprobation de la salle. Cela ne m'empêcha d'entendre ce commentaire assassin d'un musicien dans le hall. « Très bien ce concert, mais ils auraient pu choisir une deuxième trompette à la hauteur. Un tel degré d'incompétence, c'est scandaleux! »


    C'est à ce moment-là je crois que je me réveillai. La salle applaudissait à tout rompre et le chef d'orchestre s'inclinait en montrant les musiciens d'un geste ample de la main. Puis la lumière se ralluma dans la salle et les spectateurs se levèrent pour se diriger vers la sortie. C'est à ce moment que j'entendis distinctement le commentaire que mon voisin faisait à l'intention d'une personne qui devait être son épouse. « Très bien ce concert! Dommage que l'individu qui était assis à côté de moi ait passé son temps à ronfler avec un bruit de trompette désaccordée. »

5 comments Tags: ça vaut mieux que d'attrape..., de la musique avant toute c...

Mes problèmes de relation

  • Apr 23, 2008
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    Je n'ai jamais eu de chance avec les femmes. Je suis encore jeune, plutôt pas mal fait de ma personne, et, au dire de mes amis, intelligent et drôle. Pourtant, aucune des relations que j'ai pu avoir avec une personne du sexe féminin n'a duré plus que quelques jours, la plupart du temps pas même une semaine. Il doit bien y avoir un problème pour qu'à chaque fois je tombe sur des détraquées hystériques. Au début je pensais que c'était dû à un manque de chance, mais j'ai de plus en plus l'impression que cela vient de moi. À chaque fois, je suis attiré par des folles. Pourtant à première vue, elles paraissent saines d'esprit. Je dois avoir un sixième sens pour les détecter. Il faudrait vraiment que je consulte un psychiatre ou une psychanalyste.


    Ça a commencé avec Julie. Nous nous étions rencontrés dans un jardin public. Elle s'était assise à côté de moi, sur un banc situé en face d'un toboggan et d'un tourniquet où s'amusaient de charmants bambins dodus sous l'oeil complaisant de leurs mères. Nous avons très vite sympathisé. Tout comme moi, elle adorait les enfants. Séduit, je décidai de l'inviter à déjeuner chez moi le dimanche suivant.

    Le dimanche venu, je passais plusieurs heures à lui préparer son plat favori. Sans me vanter, lorsque je m'en donne la peine je suis un assez bon cuistot. Sur le coup de midi trente, elle sonnait à ma porte, une bouteille de Bordeaux à la main.

    C'est vrai que j'aurais dû faire attention. Mais bon, c'était l'été, il faisait chaud, je n'ai pas vu le moucheron s'introduire dans la marmite. Julie, elle, en revanche a dû le voir tout de suite si j'en juge par le cri d'horreur qu'elle poussa lorsque j'apportai le plat que j'avais amoureusement préparé. Elle reprit précipitamment ses affaires et je ne la revis plus jamais. J'en fus réduit à manger seul ce que j'avais préparé pour deux. Si ce n'est pas malheureux! Un nourrisson de six mois à peine, à la chair tendre et savoureuse que j'avais habilement subtilisé à ses parents!


    Après il y a eu Catherine. Une fille tout ce qu'il y a de correct que j'avais rencontrée à la bibliothèque au rayon sciences naturelles. Elle faisait des études de biologie, elle s'intéressait à la diététique. Nous avons longtemps discuté, puis je l'ai invité à prendre un café. Nous nous sommes revus et un soir, après avoir dîné au restaurant ensemble, elle m'a raccompagné à ma porte. Bien entendu, je l'ai invitée à prendre un dernier verre. Ensuite nous avons fait l'amour. Sur le coup de trois heures du matin, elle s'est levée, elle avait faim, me disait-elle. Je lui ai répondu qu'elle n'avait qu'à se servir dans le frigo.

    Je ne sais pas ce qui lui a pris, mais j'ai entendu un hurlement atroce. Je me suis levé pour voir ce qui se passait. La porte du frigo était ouverte et Catherine était devant. Lorsqu'elle s'aperçut de ma présence, elle me regarda avec des yeux de folle et hurla qu'il ne fallait pas que je la touche. Puis retournant dans la chambre elle ramassa ses affaires sans même prendre la peine de se rhabiller complètement et claqua la porte en partant. Son comportement était probablement dû à l'odeur qui émanait du frigo. Je n'aurais pas cru que cela puisse la déranger à ce point. Lors du repas que nous avions partagé au restaurant elle avait pourtant pris du livarot. C'est de ma faute aussi. J'aurais dû mettre cette tête au frais tout de suite. Je sais pourtant que les corps de personnes âgées se décomposent assez rapidement et dégagent une odeur que certains jugeront pestilentielle. Trois jours avant de la mettre au réfrigérateur, c'était beaucoup trop.


    Après il y a eu Anne-Charlotte. Une fille particulièrement distinguée que j'avais rencontrée lors d'une exposition d'art contemporain représentant des corps d'écorchés moulés dans la cire. Nous avons fait connaissance et je crois que je lui ai plu. Nous nous sommes donnés rendez-vous dans le salon de thé d'un quartier chic. Tout s'est bien passé, jusqu'au moment où nous avons dû nous quitter. Impressionné par l'élégance et la classe d'Anne-Charlotte, j'ai eu l'idée stupide de vouloir lui faire le baise-main. Évidemment je n'ai pas dû m'y prendre comme il fallait. Il paraît qu'il faut se pencher de façon à atteindre la main et non ramener la main vers soi. Il n'empêche que je n'aurais jamais cru une jeune femme si raffinée capable de pousser de tels cris de sauvage pour un motif aussi futile. J'ai recraché son auriculaire après son départ précipité. Trop osseux, pas assez charnu. De toute façon, il ne lui était qu'une source de gêne si j'en juge par la manière dont elle le maintenait levé lorsqu'elle buvait sa tasse de thé.


    Depuis quelques temps, je sors avec Nadège. C'est une femme divorcée qui a une petite fille de deux ans. Aujourd'hui, voyant qu'elle pouvait avoir confiance en moi, elle me l'a confiée pour que je m'en occupe et m'a dit qu'elle reviendrait à l'heure du dîner. J'avoue que je ne sais pas quoi faire, j'ai peur de la mécontenter comme les autres. Elle ne m'a rien dit quant à ses préférences culinaires et j'ignore si elle préfère que je lui prépare sa fille avec une béchamel, une sauce au poivre ou au bain-marie...


12 comments Tags: ça vaut mieux que d'attrape..., nouvelle cuisine

Le pluriel ne vaut rien à l'homme

  • Apr 9, 2008
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Le Concombre est un être asocial. il n'aime pas les grands rassemblements de gens qui ne se connaissent pas autour d'un projet ou d'un intérêt soi-disant commun. Il se souvient que Léo Ferré disait "la pensée mise en commun devient une pensée commune". Mais on lui a dit qu'il fallait qu'il cesse de jouer le misanthrope et qu'il rencontre des gens au lieu de rester terré dans son blog comme un bernard l'hermite. Dont acte. Le Concombre s'est donc résolu à s'inscrire sur des groupes de la plateforme vox. Comme il ne savait pas quoi choisir, il a préféré s'inscrire à des groupes dont le nom était graphiquement plus joli que les autres. Mais comme il ne connaît pas l'alphabet utilisé pour les titres en question, il est incapable de préciser quel est le thème de ces groupes. De toutes façons, il s'en fout, c'est juste histoire de ne pas être tout seul.

Sinon il a aussi créé un groupe dédié à la promotion de la choucroute armoricaine. Pour l'instant, il en est le seul participant. Si ce sujet vous intéresse, n'hésitez pas à vous inscrire. Et même si vous n'aimez pas la choucroute armoricaine, vous pouvez malgré tout vous inscrire, vous aiderez le Concombre à se sentir moins seul...

15 comments Tags: ma petite entreprise, café du commerce, ça vaut mieux que d'attrape..., choucroute armoricaine

Darcos mauvais élève

  • Apr 6, 2008
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Ayant eu Xavier Darcos, actuel sinistre de l'Education Nationale, comme professeur à la Sorbonne, j'avais pu constater qu'il faisait des erreurs parfois grossières (sur l'attribution d'un ouvrage à un auteur qui ne l'avait pas écrit, par exemple). Mais là, c'est le pompon! Ne pas savoir conjuguer le passé antérieur, pour un agrégé de lettres classiques, ça la fout mal, et surtout cela prouve que le niveau actuel de recrutement des professeurs est bien supérieur à ce qu'il était du temps de Monsieur Darcos. Aucun stagiaire IUFM de Lettres ne ferait une erreur aussi énorme! Et dire que c'est à cet homme que l'on confie le soin d'élaborer les programmes que suivront nos enfants!

Darcos au piquet !



9 comments Tags: paul et mickey, cours de linguistique générale, éducationaleries

Ici est un autre ailleurs

  • Apr 5, 2008
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L'auteur de ces lignes tient à préciser que les lieux et les personnes évoqués ci-dessous sont fictifs. Il est possible que les faits le soient aussi, mais il n'y a pas de certitude à cet égard. La mémoire du Concombre laissant fortement à désirer ces derniers temps il n'est pas inenvisageable que les événements relatés se soient réellement produits mais qu'il n'en ait gardé aucun souvenir.


Vous l'ignorez peut-être, mais il se trouve que le Concombre, ci devant auteur de ce blog est professeur de lettres en collège. Mais pas n'importe quel professeur. Il est TZR, c'est-à-dire que bien qu'ayant un statut de fonctionnaire, il passe son temps à effectuer des remplacements ici et là. Il arrive que les remplacements ne soient pas des services complets. Il arrive alors qu'on lui demande d'effectuer un quart de service à un endroit, un autre quart à soixante kilomètres de là et la moitié restante encore ailleurs de façon à ce que son secteur d'activité forme un triangle se rapprochant le plus possible de l'équilatéralité. Bref, il en est venu à passer presque autant de temps sur les routes que devant ses élèves et on se demande comment il trouve le temps de préparer ses cours, de corriger ses copies et d'écrire des inepties sur son blog (la solution est simple : le Concombre dort très peu et il n'a pas ou presque pas de vie sociale, c'est normal, c'est un légume).


Voilà pour le préambule. À partir de maintenant, le Concombre utilisera la première personne pour parler de lui-même parce que la troisième personne ça me fatigue.


Lundi matin, je me lève, me lave, m'habille et comme d'habitude je prends ma voiture pour me rendre à l'établissement où j'exerce ma profession (je vous ai dit que j'étais professeur de français ?) Le lundi matin j'ai cours avec la classe de 3ème B du collège de Saint Troufignolles les Alouettes. Au bout d'une heure de route, j'arrive au collège. Je me gare sur le parking, sors de ma voiture et rentre dans l'établissement par l'entrée de service. « Tiens, me dis-je en parcourant le couloir du bâtiment administratif, ils ont changé l'emplacement du bureau de la gestionnaire durant le week-end ? » Pourquoi pas après tout, c'est le printemps, il faut bien changer un peu. « Ca alors! Pourquoi ont-ils mis la photocopieuse dans le bureau du principal ? Et le bureau du principal là où se trouvaient les toilettes ? Tiens il y a un principal adjoint, maintenant. Comme quoi les suppressions de postes dans l'éducation nationale, c'est pas pour tout le monde. » évidemment, il avait fallu rajouter un bureau pour le secrétariat. Je trouvais tout de même que cela faisait beaucoup de changements en un week-end, d'autant plus que cette restructuration du bâtiment administratif n'avait absolument pas été annoncée. Je constatais également qu'on m'avait changé mon code de photocopieuse. J'allais frapper à la porte de l'intendance et me retrouvai face à une femme dont le visage, familier, m'était inconnu. « Tiens, ils ont aussi changé l'intendante. »


C'est le coeur troublé par tous ces changements que je me rendis dans la salle où je devais faire cours. Je fus bien incapable de la retrouver. En plus de bouleverser la disposition du bâtiment administratif, on avait profité de mon absence dominicale pour changer le numéro des salles de cours. La salle 14 avait tout simplement disparu, remplacée par une salle 104 qu'une autre classe que la mienne occupait. Quant aux élèves, impossible de les retrouver. « Les fripouilles! Ils ont dû profiter de ce bouleversement de locaux pour sécher mon cours! Mais ça ne se passera pas comme ça! » Je descendis illico à la vie scolaire m'enquérir des 3ème B qui avaient disparu aussi mystérieusement de la circulation. Je tombai (métaphoriquement parlant) sur une jeune fille dont le visage pourtant familier ne me disait rien. « Tiens ? Jean-François, Rachida et Anaïs ne sont pas là ? » La fille me regarda avec de grands yeux étonnés, comme si je lui avais parlé chinois. « ça doit être une nouvelle, elle ne connaît pas encore le nom des autres surveillants. » me dis-je en mon for intérieur avant d'aborder le but de ma visite : « Je ne comprends pas, j'avais cours avec les 3ème B et ils ne sont nulle part. Il n'y avait pourtant pas de sortie de prévue, aujourd'hui ? » Nouveau regard interloqué de mon interlocutrice. « Les 3ème B ? Vous voulez parler des 3ème 2 sans doute ? Mais vous êtes sûr qu'ils avaient cours avec vous ? Normalement, ils sont en permanence à cette heure-là. » « évidemment, si on change le nom de la classe sans m'avertir, comment veut-on que je m'y retrouve ? » et me voilà parti en salle de permanence à la recherche des 3ème B.


Tout ce cirque commençait sérieusement à m'énerver. Les élèves prirent un air surpris lorsque je leur affirmai qu'ils avaient cours avec moi, mais devant ma mauvaise humeur évidente n'osèrent trop rien dire. Le temps de trouver une salle de libre, nous perdîmes bien cinq minutes encore. Enfin, les élèves étaient dans la même salle que moi et le cours allait pouvoir commencer. Je sortis la liste des élèves que je garde toujours dans mes affaires – car s'il faut compter sur l'élève responsable du cahier de textes, on en a toujours pour vingt minutes avant qu'il ne se souvienne s'il l'a perdu en salle de techno, en permanence, à la cantine ou lors du voyage en Espagne – et commençai l'appel : « Mélanie Aufray, Mélissa Cissa-Tinteresse, Kevin Icole, Ahmed Imwatu... » Je continuai ma litanie sans que personne ne réponde. Les élèves me regardaient avec un air complétement ahuri. Visiblement, tous les élèves de 3ème B avaient décidé de sécher mon cours. Ce que je m'expliquais mal en revanche, c'était la présence de tous ces élèves que je ne connaissais pas. « ça fait beaucoup de nouveaux en l'espace d'une semaine! » Mais il en fallait plus que cela pour m'abattre! Ce cours aurait lieu, quoiqu'il arrive! « Bien! Sortez vos classeurs! On continue le cours sur l'autobiographie, on va corriger les exercices que vous aviez à faire pour aujourd'hui! » Les élèves se regardèrent avec un air désemparé, l'un d'eux finit par lever la main pour dire : « Mais Monsieur. Madame Truc ne nous a pas donné d'exercices à faire.

- Pourquoi me parlez-vous de Madame Truc ? Qui est Madame Truc ?

- Ben, notre professeur de français...

- Quoi ? Arrêtez de me raconter n'importe quoi! C'est vraiment la pire excuse que j'ai jamais entendue pour justifier que vous n'avez pas fait votre travail! Vous me copierez cent fois : « je ne dois pas inventer des personnes qui n'existent pas pour ne pas faire mes devoirs! »

C'est à ce moment-là, je crois que l'on frappa à la porte.

Un homme en cravate que je ne connaissais pas mais dont le visage m'était pourtant familier entra dans la salle.

« Qui êtes-vous, Monsieur ?

- Comment ça, qui je suis ? Mais je suis Monsieur Bidule!

Devant mon silence suspicieux, l'homme ajouta : « Monsieur Bidule! Le principal de ce collège!

- Ah! Ça alors! Ils ont aussi changé le principal.

- Monsieur le Concombre, je ne comprends rien à ce que vous dites, mais vous êtes attendu au collège de Saint-Troufignolles les Alouettes. Ils vous ont cherché partout, ils ont même appelé la police pour savoir si vous aviez eu un accident.


À ce moment précis, les choses m'apparurent clairement. Je sus pourquoi le visage de l'intendante, de la surveillante, du principal m'étaient familiers. Sur le trajet qui me menait au collège de Saint-Troufignolles les Alouettes, j'avais bifurqué au mauvais endroit, empruntant la route qui conduisait à Bonpié-Bonneuil où j'avais cours avec la classe de 6ème 3 le lundi après-midi. Quant à la classe que j'avais devant les yeux, c'était la 3ème 2, la classe de Madame Truc, une collègue estimable dont j'avais oublié le nom, schizophrénie de ma vie actuelle oblige...

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Châtiment suprême

  • Mar 29, 2008
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En classe de troisième en français, on étudie l'autobiographie qui contrairement à ce que son nom indique n'est pas l'art de faire des tags sur des voitures, mais une façon de raconter sa vie. À cette occasion, je donne à mes élèves une liste de livres parmi lesquels ils doivent en choisir un et le lire en entier sous peine d'excommunication. J'en profite pour glisser insidieusement dans cette liste un livre qui a bouleversé mon adolescence, Le pavillon des enfants fous de Valérie Valère. Dans ce témoignage terrifiant paru en 1978, une adolescente de seize ans racontait son internement trois ans auparavant en hôpital psychiatrique pour anorexie mentale. Après avoir lu ce livre, j'ai refusé de manger quoi que ce soit, j'ai tué mes parents, je me suis coupé les organes génitaux et j'ai fait exploser une bombe dans mon lycée. À l'époque j'avais de saines lectures et il serait bon que les élèves actuels suivent mon exemple.


Valérie Valère
Valérie Valère


À ma grande surprise, une de mes élèves connaissait ce livre et en avait même lu les premières pages. Elle se proposa même pour raconter ce qu'elle en avait retenu : « C'est l'histoire d'une fille enfermée dans une chambre toute seule. C'est terrible, elle n'a pas le droit de voir ses parents et elle n'a même pas le droit d'avoir un portable. » à cette précision terrifiante la voisine de mon élève ne peut s'empêcher d'intervenir, émue par le sort de la malheureuse : « Pas de portable ?!!! Mais comment elle faisait pour envoyer des SMS ? » L'élève qui racontait le livre réfléchit, frappée par cette réflexion pleine de bon sens et s'entend répondre : « Ben... elle pouvait pas. »


Précisons pour les élèves de troisième qui se seraient imprudemment égarés sur ce blog que Valérie Valère n'est pas la seule des écrivains à avoir souffert. Au XIXème siècle, le poète Paul Verlaine a été incarcéré en prison. Et le plus terrible, c'est qu'il n'avait même pas la télévision dans sa cellule!

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Es muss sein!

  • Mar 21, 2008
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Il y a quelques temps de cela, je reçus un appel téléphonique pour le moins singulier. Décrochant mon combiné et prononçant ce mot caractéristique de la fonction phatique du langage telle qu'elle a été définie par Jakobson, « allo », j'eus la surprise d'entendre en lieu et place de mon interlocuteur, un larsen indescriptible. Raccrochant le téléphone, croyant à un mauvais plaisant, je fus perturbé pendant quelques instants par un acouphène. Puis mon audition redevint normale et je ne songeai plus à cet incident, certes fâcheux, mais que je jugeais sans importance.

Ce n'est que quelques jours plus tard que je me rendis compte des conséquences qu'avait eu cet appel sur mon système auditif. Ce jour-là, pour je ne sais quelle raison, j'avais décidé de réécouter la neuvième symphonie de Beethoven dans l'interprétation de Furtwängler. Je mets le CD sur la platine, j'appuie sur la touche play, et là, rien... J'attends un peu, je me souviens que le premier mouvement de la neuvième de Beethoven est assez lent à démarrer. Au bout de dix minutes, toujours rien. Pourtant l'affichage digital de la platine m'indique que le CD est en train d'être lu. Pensant qu'il s'agit d'un problème de haut-parleur, j'introduis un autre CD dans la platine. Les premières mesures du requiem de Mozart résonnent dans la pièce. J'en essaye d'autres, la pathétique de Tchaikovsky, la cinquième de Mahler, les nocturnes de Chopin, le black album de Metallica, in utero de Nirvana, tout passe, il n'y a que la neuvième de Beethoven qui reste désespérément muette. Croyant qu'il s'agit du CD, j'essaye de lire la version de la neuvième par Karajan. Silence radio. J'allume mon ordinateur, je vais voir sur youtube pour trouver une autre version de la neuvième. Le chef d'orchestre s'agite, les musiciens grattent les cordes, soufflent dans des tuyaux, mais je n'entends toujours rien.


Beethoven
Beethoven


Ce n'est qu'en réfléchissant longuement que je fis le lien avec ce mystérieux appel que j'avais reçu quelques jours auparavant. Bien décidé à comprendre le fin mot de l'histoire, je cherchais la provenance de cet appel. Il se trouve que mon correspondant avait laissé un message sur mon répondeur. Le numéro que je finis par obtenir me mena sur la piste d'un certain Ludwig Van Beethoven que je décidai aussitôt d'appeler. La tonalité m'indique que mon interlocuteur vient de décrocher. Je glisse un prudent « allo ? » et j'entends une voix d'outre-tombe me répondre : « Monsieur, avant que vous ne prononciez le moindre mot, je me dois de vous avertir que je resterai sourd à tout ce que vous pouvez me dire.

- Monsieur, vous m'avez appelé il y a quelques jours pour me faire entendre un son insupportable.

- Vous me demandez si c'est moi qui vous ai appelé l'autre jour ?

- Je ne vous demande pas si c'est vous, je vous demande pourquoi.

- C'est bien moi, monsieur.

- Pouvez-vous m'expliquer comment il se fait que depuis votre appel je suis incapable d'entendre la moindre note de la neuvième symphonie écrite par un de vos homonymes ?

- Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous ai appelé ?

- C'est cela même.

- Je ne peux pas vous expliquer pourquoi, vous ne comprendriez pas.

- Pourquoi je ne peux plus entendre une note de la neuvième ?

- Puisque vous insistez, je vous dirai la vérité, c'est vous qui l'avez voulu!

- Je vous écoute.

- Le signal que vous avez entendu a produit une lésion bien particulière dans votre système auditif qui vous empêche d'entendre une seule note de ma neuvième symphonie.

- Vous êtes le vrai Ludwig van Beethoven ?

- Je suis Ludwig van Beethoven et ce que j'ai à vous dire, Monsieur, c'est que vous n'êtes pas digne d'entendre ma neuvième symphonie.

- Comment ça je n'en suis pas digne ? J'adore cette symphonie depuis l'âge de dix ans. Je ne m'en lasse pas, je pourrais l'écouter pendant des heures.

- Qui êtes-vous, Monsieur, pour me dire ce que vaut ma musique ? Votre avis ne m'intéresse pas. Vous n'êtes pas digne d'entendre cette musique. Il n'y a rien de personnel là-dedans, personne n'en est digne si ce n'est moi-même.

- Mais vous ne pouvez pas l'entendre, vous êtes sourd!

- J'ai fait exprès de rendre cette symphonie injouable pour que personne ne puisse l'entendre et les orchestrateurs se sont arrangés pour pouvoir la jouer quand même, pour la livrer à une populace grossière incapable de saisir la profondeur de mon génie. Dorénavant, j'appellerai tous les titulaires d'une ligne téléphonique de façon à les rendre sourds à ma musique. Vous n'êtes qu'un parmi des milliers. Cela prendra des siècles s'il faut, mais j'ai le temps.

- Mais enfin, Monsieur Beethoven, comment pouvez-vous nier ainsi le formidable sentiment d'espoir que fait naître l'hymne à la joie dans le choeur des Européens ? Vous voudriez leur enlever cela ?

- Je vous ai déjà dit que je ne vous entendais pas, Monsieur. Vous n'êtes pas digne que je vous entende. N'y voyez rien de personnel : aucun son si ce n'est ma neuvième symphonie n'est digne que je l'entende.

- ...

- Et si vous me dites, Monsieur, que le quatrième mouvement de ma symphonie a servi de modèle pour l'hymne européen, je vous répondrai, Monsieur, que l'Europe n'est pas digne de la musique que je compose. Je n'ai plus rien à vous dire, Monsieur, je vous prie de me laisser maintenant, tout ce que vous me dites et que je n'entends pas me fatigue profondément. Auf nicht wieder hören, Monsieur.


Ludwig avait raccroché, sans avoir entendu ce qu'il me restait à lui dire. Je me consolai en me disant qu'il valait toujours mieux ne pas entendre la neuvième de Beethoven que d'être sourd.

9 comments Tags: industrie du disque, c'est fantastique!, de la musique avant toute c..., parle avec les morts

Déformation professionnelle

  • Mar 17, 2008
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    Il arrive souvent, lorsqu'à la semblance du Concombre on est professeur en collège, que les réflexes professionnels ressurgissent dans la vie de tous les jours.


    Ainsi, face à une vendeuse mal élevée qui se livre sous vos yeux, de façon éhontée, à une activité masticatoire qui la rapproche de la catégorie des ruminants, vous ne pouvez pas vous empêcher de dire : « Va me jeter ton chewi